Michel Foucault L'archéologie du savoir 02-05-1969
Michel Foucault clarifies that 'archaeology' is not the excavation of static historical ruins, but the active description of 'the archive'—the vast system of rules that governs what can be said, thought, and formulated as knowledge in a given culture. He argues that discourse is a concrete, rule-bound practice that actively constructs its own objects of study (such as madness or disease) rather than merely reflecting pre-existing natural realities.
This interview provides a crucial, accessible entry point into Foucault's epistemological shift away from subject-centered history and phenomenology, illustrating how structures of knowledge are historically contingent, rule-governed, and distinct from both individual human consciousness and raw material reality.
Section summaries
Introduction & Critique of the Title 'Archaeology'
optionalDiscusses Foucault's dissatisfaction with the word 'archaeology' because of its dusty, literal connotations.
The Archive, Discourse, and History
watchCrucial definition of the 'archive' and how Foucault's historical analysis differs from traditional history of ideas.
Critique of Historical Unity and Individual Consciousness
watchExplains Foucault's stance against the 'spirit of an age' and his focus on historical discontinuity and dispersion.
The Consistancy and Rules of Discourse
watchExposes how discourse is fabricated according to rules and is not merely an ephemeral reflection of physical actions.
How Discourse Produces its Objects: The Example of Madness
watchDeep dive into the constructive power of discourse, focusing on how 'madness' was historically defined and institutionalized.
Structuralism vs. Positivism and the External World
optionalAn abstract, academic debate clarifying Foucault's relationship to structuralism and his provocative embrace of 'positivism'.
Rejecting the Cogito & External Factors in Science
watchDetails how Foucault's anti-Cartesian framework explains major scientific shifts (e.g., 18th/19th-century medicine) using external institutions rather than human geniuses.
The Construction of Clinical Objects & Non-Philosophical Approach
watchFoucault gives clear, concrete examples of clinical medical breakthroughs and clarifies his refusal to address standard philosophical questions of realism.
Key points
- Archaeology as the Description of the Archive — Foucault redefines archaeology not as digging up dead monuments of the past, but as analyzing the 'archive'—the complex, historical network of rules that makes specific discourses and statements possible, functional, and transformable within a culture.
- Rejection of the Unified Epochal Consciousness — Foucault critiques traditional historians who project the model of a single, unified individual consciousness onto an entire historical era (trying to find a singular 'spirit of the age'). He asserts that the universe of knowledge and discourse is fundamentally discontinuous, heterogeneous, and full of ruptures.
- Discourse as an Active, Fabricated Object — Discourse is not merely a transient, empty reflection of serious material things (words as mere 'wind'). It is a highly regulated, concrete practice that is fabricated, exists, functions, and has real-world effects, working under rules that change across eras and disciplines.
- Discursive Construction of Scientific Objects — Instead of describing a pre-existing objective reality, discourse actively constructs its own objects of inquiry. For example, 'madness' as a medical and social category, or the interior clinical objects of 19th-century medicine (like lesions analyzed via stethoscope and autopsy), are constructed by the convergence of specific practices, institutions, and clinical techniques.
- A Non-Philosophical Exterior to Discourse — Foucault rejects both transcendental human consciousness and brute, unmediated natural laws as the true 'exterior' of discourse. Instead, the exterior is a complex system of practical relations between concrete institutions, social practices, and technologies that allow a specific discursive practice to emerge.
“par archéologie j'entends plutôt enfin je voudrais entendre quelque chose comme la description de l'archive je voudrais que le mot archéologie vienne de archive c'est-à-dire la description de cet ensemble de cette masse extraordinairement vaste massive complexe de choses qui ont été dites dans une culture” — Michel Foucault
“le second postulat contre lequel je me bats c'est si vous voulez le postulat que les paroles c'est du vent que les paroles ça n'existe pas ou ça n'a presque pas de consistance” — Michel Foucault
AI-generated from the transcript. May contain errors.
Michel foucot pourquoi ce titre
l'archéologie du
savoir bien vous savez la réponse à la
question que vous me posez c'est bien
entendu le livre
lui-même archéologie c'est évidemment un
vilain mot vilain parce que peut-être il
manque un peu d'élégance et puis ensuite
surtout il est inélégant de ma part de
l'avoir volé aux vrais
archéologues et puis il y a également
une raison pour laquelle je ne suis pas
très satisfait de ce mot c'est que
archéologie euh ça fait penser à une
sorte d'entreprise de fouille euh
gratter la terre pour retrouver euh
quelque chose comme euh les ossements du
passé un monument mort euh des ruines
inertes euh auxquels il faudrait
péniblement et euh par les moyens du
bord redonner vie vie et date vie et
date et alors puisque vous critiquez
votre propre titre est-ce que on ne peut
pas euh c'est une petite pointe ajouter
cette critique que archéologie appelle
date et vous fait rentrer dans des
catégories historiques que vous
paraissez refuser pendant très longtemps
au début du livre ah oui mais là vous me
faites jouer à un jeu qui est un peu
trop difficile pour moi vous savez j'ai
l'esprit simple je m'étais posé à
moi-même je me faisais une objection euh
bien sûr c'était pour la résoudre et si
au moment où j'allais répondre à ma
propre objection vous m'en faites une
plus grave et plus sérieuse qu'est-ce
que je v venir alors si vous voulez je
réponds à ma propre question euh sur le
mot archéolog
et puis on parlera en effet ensuite de
de la date euh oui par archéologie je ne
pensais pas tellement à cette fouille
dans la terre à ce grattage des vieuxes
oses du passé par archéologie j'entends
plutôt enfin je voudrais entendre
quelque chose comme la description de
l'archive je voudrais que le mot
archéologie vienne de archive
c'est-à-dire la description de cet
ensemble de cette masse
extraordinairement vaste massive
complexe de choses qui ont été dites
dans une culture en l'occurrence dans
notre culture à nous faudrait essayer de
les décrire ces choses de les décrire
dans leur configuration propre de voir
comment elles ont pu être dites comment
elles ont pu subsister comment elles ont
pu fonctionner et comment elles ont pu
finalement se transformer toute cette
vie toute
cette activité sourde et en même temps
bavarde des choses dites à travers une
culture c'est ça que j'entends en gros
par archéologie revenons à votre
question piège à la date alors
euh qu'est-ce qui vous inquiète dans ce
probl je suis pas inquiéteré ce n pas ça
je me demande si archéologie ne par le
biais de l'introduction du mot
archéologie on ne fait pas repénétrer
l'histoire et des chaînes cohérentes des
chaînes logique et j'ai envie de dire au
fond une chaîne une chaîne unique
logique et cohérente dans des faites
alors bien sûr j'aurais pu employer le
mot histoire ça aurait été beaucoup plus
simple et sans doute j'aurais évité
certaines confusions mais je crois que
je serais tombé
moi-même par la force même du mot
histoire dans d'autres confusions en
effet quand on parle en général de
l'histoire du savoir ou de l'histoire
des connaissances on essaie de faire
l'histoire de ce que les hommes ont
pensé de ce que les hommes ont découvert
de ce qu'ils ont su ou de ce qu'ils ont
cru ont fait l'histoire de leur
représentation de leurs
images l'histoire des vérités qu'ils ont
finalement découvert ou dont ils ont
fait la preuve expérimental ou dont ils
ont fait la démonstration ou bien par
histoire des connaissances et des
pensées on essaie également on peut
essayer aussi de replacer la pensée des
hommes et le savoir des hommes à
l'intérieur une sorte d'histoire globale
qui est l'histoire des civilisations
l'histoire des sociétés on montre par
exemple comment quelle sorte d'affinité
il peut y avoir entre les mathématiques
greces et puis la civilisation grecque
ou encore quelle affinité ressemblance
il peut y avoir entre la pensée
scolastique et puis l'univers de la
féodalité chrétienne au
Moyen-Âge alors ce n'est pas cette
histoire là que je veux faire ni l'une
ni l'autre ce que je veux faire
c'est la description en quelque sorte
des formes de discours et des
fonctionnements du discours dans une
civilisation et C ces formes de discours
ce fonctionnement des discours est à la
fois différent des pensées de ce que les
hommes ont pensé et différent aussi des
pratiques sociales économiques
politiques qui peuvent caractériser une
civilisation je ne veux pas dire bien
sûr que la pratique du discours soit
entièrement indépendante et des pensées
des hommes et des
sociale politique et économique pratique
du discours est certainement articulée
sur les unes et sur les autres mais je
crois qu'elle a tout de même sa
spécificité alors c'est la pratique
c'est la pratique même du discours ce
que les hommes font lorsqu'ils parlent
en somme vous opposez à une vieille
théorie celle de la conception du monde
qui réduisait la totalité des aspects
d'une époque à un seul de ces aspects
vous valorisez maintenant la diversité
des possibilités d'une époque je pense
que c'est tout même cela l'apport
important de votre recherche aussi bien
dans les mots et les choses que dans la
l'archéologie du savoir tout se passe
comme si au lieu d'essayer de montrer
comment les choses se réduisaient à une
image unique vous essayez de valoriser
les différences de niveau les
discontinuités les diversités dans un
même temps et je crois que si nous
procédions même à unealise historique il
apparaîtrait très clairement que vous
avez raison pour certaines époques ces
périodes du passé et plus encore pour
nos périodes du présent il me semble pas
que Michel foucot peut retenir votre
phrase si nous procédions à une analyse
historique tout au moins si je me réfère
à l'esprit du livre fouon n'est pas
opposé à l'analyse d'une histoire prise
comme une période vous êtes opposé je
crois à l'idée d'une conscience
historique qui se développerait du passé
vers le présent et qui serait une sorte
de de vision encore une fois égalienne
de de l'existence je suis très opposé à
toutes ces formes en quelque sorte de
dissolution des spécificités euh qui
peuvent caractériser une civilisation
une culture une société à un moment
donné de même si vous voulez que dans
une société
euh vous avez par exemple des classes
sociales à l'intérieur de ces classes
sociales des groupes sociaux à
l'intérieur de ces groupes des intérêts
ou encore dans la les techniques d'une
époque vous avez des niveaux de
développement qui sont
extraordinairement différents vous avez
à une époque donné par exemple des
techniques industrielles très poussées
et en même temps au même moment des
pratiques artisanales qui sont encore
très archaïques et bien je crois que de
la même façon l'univers du discours
l'univers du savoir sont constittu un
univers qui est loin d'être homogène et
qui est plein de rupture de
discontinuité de décalage de
dénivellement
et je crois que très souvent trop
souvent les historiens ont essayer
chaque fois qu'ils se sont attaqués à
l'histoire non plus des choses des ou
des institutions
non plus l'histoire des événements mais
l'histoire des pensées ils ont toujours
essayé de dissoudre ces différents et
spécificités pour essayer de
reconstituer quelque chose un tissu
homogène qui serait comme l'esprit d'une
époque autrement dit ils ont pris la
conscience individuelle comme
modèle de du savoir d'une époque et tout
comme après tout il y a en effet une on
peut supposer en tout cas qu'il y a une
certaine homogénéité dans la conscience
des on peut toujours supposer que dans
leur discours il y a une sorte de
cohérence on peut toujours supposer
qu'il y a comme un foyer unique dans
l'existence et le discours et le savoir
de des des individus et bien on a essayé
de reconstituer cette individualité des
époques bien je suis contre
l'individualité des époques en somme
vous pensez un peu ce que dans une
certaine mesure l'on pourrait prolonger
ce que disaient les ethnographes
d'autrefois qui reprochaient à certains
de projeter leur catégorie européennees
sur les société noneuropéenne vous
reprochez aux historiens et en faisant
de l'histoire une idéologie par
conséquent de projeter les catégories
actuelles sur un passé qui est beaucoup
plus divers et objectivement beaucoup
plus multiple et pluraliste oui vous
savez il est probable que notre présent
est au moins aussi divers discontinu
vous le rorz également de projeter de
l'unité a priori c'est ça je cro pro de
l'unité il projette il projette le
modèle de la conscience individuelle sur
le discours et le savoir du passé et je
vous je voudrais le redéployer ce
discours je voudrais le redisperser ce
savoir et ressaisir les configurations
diverses entre lesquels il était
éparpillé ou dispersé mais alors pour
bien saisir ce discours pour lui faire
subir le traitement analytique auquel
vous voulez le soumettre il faut en
quelque sorte le vider d'une partie de
son contenu il faudrait le
désimager j'ai presque envie de dire
cela c'est le manimin c'est le
fonctionnement sur le plan technique de
ce discours qui vous intéresse
oui si vous voulez c'est un discours en
soi le fonctionnement d'un discours en
soi indépendamment de l'objet du
discours les deux grands postulats
contre lesquels je me suis battu je
crois qu'on pourrait les nommer ainsi
l'un c'est celui dont nous parlions à
l'instant le postulat de l'unité
euh la pensée des hommes à une époque
donnée serait cohérente et pourrait être
ramené à une sorte de centre nodal bon
voilà le premier postulat le second
postulat contre lequel je me bats c'est
si vous voulez le postulat que les
paroles c'est du vent que les paroles ça
n'existe pas ou ça n'a presque pas de
consistance que les paroles c'est une
sorte d'écume sur l'océan de l'histoire
ou encore que les paroles ce n'est rien
de plus que le reflet transitoire
fragile précais immédiatement effacé de
choses qui elles sont sérieuses et
solides et qui ne sont pas des paroles
or ce que je voudrais montrer c'est que
les hommes font quelque chose quand ils
parlent l'élément impensé de ce qui
paraît une parlerie ou un bavardage s
despistémologie du bavardage
épistémologie du bavardage si vous
voulez
euh mais cet élément impensé vous
paraissez vous en méfier beaucoup dans
votre livre non alors si je me réfère à
la première partie si c'est-à-dire que
j'ai souscrit la ho impensé j'y ai
souscrit avec un rien d'hésitation qui
n'est sans doute pas passé dans le
micro parce que je ne voudrais pas que
l'on considère cette impensée comme une
sorte d'inconscient quelque chose comme
une pensée qui ne se dirait pas qui
serait cachée qui serait un peu m je
crois que les hommes font quelque chose
quand ils parlent ils font quelque chose
quand ils parlent exactement même façon
que ils font quelque chose quand ils
fabriquent un objet le discours ça se
fabrique le discours une fois fabriqué
ça existe une une fois que ça existe ça
subsiste une fois que ça subsiste ça
fonctionne et une fois que ça fonctionne
ça se transforme ça a des effets et
cetera c'est cette consistance interne
du discours du discours en quelque sorte
comme objet
fabriqué cela que je voudrais arriver à
restituer et alors ça me conduit à un
certain nombre de conséquences ça m'a
conduit un certain nombre de
conséquences qui vraiment étaient assez
involontaire je veux dire je ne les
avais pas dans la tête au moment où j'ai
essayé une analyse de cette espèce de de
fabrication du discours ça m'a conduit à
ceci c'est que premièrement cette
fabrication elle n'est pas sans
règle on ne fabrique pas à une époque du
discours comme on l' fabrique à une
époque
ultérieure et on nen fabrique pas quand
il s'agit par exemple de faire de
l'histoire naturelle on ne fabrique pas
du discours sur le même modèle et selon
les mêmes règles que lorsqu'on fabrique
du discours pour faire des mathématiques
ou pour raconter l'histoire des
institutions politiques ou pour inventer
un roman ou pour écrire de la poésie
c'est cette règle de fabrication du
discours qui en quelque sorte impliqué
par l'idée même que le discours est une
chose fabrique deuxièmement on en arrive
à l'idée que alors on se trouve en
présence de types de discours différents
et reliés d'une certaine manière à
l'intérieur d'un système cohérent des
types de discours des règles de
formation de
discours il n'y a pas de règle
universelle de formation du discours
applicable à n'importe quel objet ah je
ne pense pas justement car je crois que
l'objet du discours il est fabriqué par
le discours lui-même
naturellement c'est le discours qui
fabrique l'objet qui fabrique l'objet
par exemple cet immense objet qui la
nature des naturaliste est fabriqué par
le discours des
naturalistes naturellement mais mais il
en est ainsi dans tout domaine je pense
qu' est général c'est assez général
seulement voilà ce qui se passe le
discours du mathématicien suscite
l'objet bien sû le suscite d'ailleurs
qu' moment où ce discours existe voilà
et c'était parfaitement connu à propos
du discours mathématique pour
l'excellente raison que l'objet
mathématique est un objet entièrement
formel c'est-à-dire que les règles de
construction de l'objet mathématique
sont en même temps les règles de
construction du discours mathématique
puisque c'est un objet qui est formel
dans le cas de quelque chose comme par
exemple le discours médical ou le
discours des naturalistes ou le discours
des économistes des gramériens des
historiens et cetera c'est tout de même
assez différent car ce n'est pas un
objet formel c'est un objet qui est
éétuellement référé à un contenu
concret et les règles du
discours ne font pas autre chose que de
prélever sur cet objet un certain nombre
d'éléments qui sont considérés comme
importants comme pertinents dirait les
linguiste les isoler les
combiner en faire un objet individuel le
mettre en relation avec d'autres objets
et cetera bon prenons le cas de la
médecine oui alors de la médecine de la
pathologie mentale plus exactement puis
je crois qu'il faut mieux préciser un
petit peu c'est un des exemples auquels
vous vous référez je vous demanderai
d'ailleurs pourquoi comment vous avez
choisi vos
exemples est-ce que je vais dire ou non
que le discours fabrique son objet
oui alors alors cet objet est fort
solide il est solide oui car voyez-vous
ce qui me frappe depuis nous
parlons je suis sous le coup de la
lecture de votre livre
la première partie en paraît extrêmement
destructrice je ne dis pas cela du tout
comme une critique je veux dire que
manifestement vous retirez le terrain
sous mes pieds et vous m'arrachez les
objets que je peux considérer comme
danse et objet d'examen pour moi mais
depuis un quart d'heure vous parlez
comme un constructeur d'objet et non pas
comme un destructeur d'objet on peut
vraiment croire à la lecture de votre
livre surtout dans les 100 premières
pages que le discours
ne produit pas l'objet du discours alors
que tout en vous lisant on se dit le
discours produit l'objet du discours ne
cherchons pas plus loin c'est le
discours même qu' suscite qu'il fait
naître qu' l' engendre écoutez en effet
dans cette première partie du de mon
livre j'ai essayé de montrer que les
objets n'existait pas comme ça et que le
discours ne pouvait pas prendre appui
sur des sortes de choses qui serait là
toute donné et qu'il faudrait petit à
petit découvrir et comme dévoiler et
j'ai essayé de montrer en même temps
comment euh si les objets n'étaient pas
là face au discours dans une sorte de
tête à-tête avec le discours c'était
parce que le discours les fabrique alors
si vous voulez on va prendre précisément
l'exemple de la folie
euh bon la folie vous me direz en un
sens bah la folie ça existe ça existe
comme
ça la meilleure preuve c'est que les
fous ça se reconnaît ça se reconnaît
très vite jamais je trèsô et bien là
alors à la fois vous ne m'étonnez pas et
puis je ne serais pas tout à fait
d'accord avec vous car s'il est vrai que
la question de savoir si quelqu'un est
fou ou n'est pas fou cette question
devient assez vite inquiétante à vrai
dire quand vous prenez les choses
massivement au niveau des sociétés et
bien
euh la catégorie des gens qui dans cette
société sont considérés comme dé viiant
inacceptabl comme devant d'être exclus
ou ne pouvant pas être inclus ou devant
être inclus dans des établissements
spéciaux cette catégorie est en général
parfaitement clair même si il y a à
chaque instant un certain nombre de cas
d'espèce qui se posent et qui inquiète
la conscience des gens les plus
instruits les plus intelligents et les
plus propres par conséquent à douter
d'eux-mêmes et de leur propres normes
alors quand je me suis mis à étudier
l'histoire de la folie oh ça a été pour
une raison très simple on m'avait
demandé d'écrire une histoire de la
psychiatrie que j'étais incapable
d'écrire alors je me suis dit ce serait
tout même plus drôle plutôt de raconter
l'histoire des médecins et de leurs
idées de raconter l'histoire des fous
eux-mêmes et je m'étais imaginé qu'il y
avait là en quelque sorte à travers les
sociétés et tout au long de l'histoire
une catégorie de gens qui étaient les
fous bien sûr cette catégorie je me
doutais bien qu'elle était un peu
variable qu'elle avait plus ou moins
changé mais enfin je pensais qu'il y
avait une sorte de noyau consistant i
qu'on pourrait raconter qu'elle sur
avait été fait à cette ce peuple d'ombre
à ce peuple toujours exclu à cette
catégorie de gens hors de toute
catégorie que l'on peut reconnaître dans
la civilisation grecque dans la société
romaine à l'époque féodal à l'époque
classique de nos jours puis je me suis
aperçu qu'il fallait descenter et qu'en
fait la folie telle qu'elle avait été
perçue telle qu'elle avait été découpée
telle qu'elle avait été exclue par une
société même dans une période aussi
relativement limitée que le 17e que la
période qui va du du 15e si vous voulez
jusqu'à nos jours et bien cette
catégorie était ne pouvait pas être
établie qui ne s'agissait absolument pas
des même gens et que ce qui étaient
désignés comme folie avaient
perpétuellement varie et quand et que si
on voulait retrouver la loi si vous
voulez de ce qui permet de dire à une
époque donnée tel est fou tel n'est pas
fou alors il faut s'adresser à la si
vous voulez au savoir des gens savoir
qui peut-être un savoir médical assez
complexe ou qui peut-être une sorte de
savoir immédiat comme ça et j'ai
découvert si voulez m'assembler en tout
cas découvrir toute une pratique de
désignation de description
et d'exclusion de la
folie qui caractérise d'une façon
spécifique la société européenne du 16e
siècle puis notre mode de désignation de
description et d'exclusion de la folie
qui
caractérise la société européenne du 17e
au début du 19e et puis un nouveau mode
lui aussi tout à fait caractéristique
qui à peu près celui de de la société de
non avec un lien cohérent entre alors
assant les passages alors là c'est le
problème important si vous voulez je
crois que duvino doit me poser bien des
questions sur ce problème de
discontinuité auparavant j'aimerais vous
poser une question simplement celle-ci
parce Queen vous entendant parler
j'étais un peu inquiet simplement mais
peut-être est moi qui ai mal compris sur
la possibilité de déduire de votre
position une relation éent avec la
nature et avec l'objet dans une certain
mesure la seule pensée ou la seule
recherche qui se rapproche de la vôtre
est une recherche qui s établie dans un
autre domaine qui est celle de levistros
dans l'anthropologie je pense à la fin
de la pensée sauvage dans lequelle il
dit que la raison après tout est une
théorie de l'information qui est permet
avec des formes des structures
différentes à l'homme d'établir ou du
moins de découvrir un certaines relation
avec les lois de la nature lois de la
nature qui sont indépendant de lui qui
sont fixés pour ainsi dire sans lui
alors quand vous dites que le discours
que la folie ou que l'objet d'une
science émerge du discours lui-même ce
que je serais assez amené à penser aussi
je me demande alors comment vous
établissez vous rétablissez la relation
de ce discours cohérent et constitué et
également relatif par rapport à un autre
discours dans une même époque avec ces
lois de nature là vous savez votre
question m'embarrasse beaucoup parce que
qu'est-ce que vous entendez par loi de
la nature lois de la nature t qu'elles
ont été définies par par exemple dans
discours oui dans notre discours je me
demande s'il s'agit là de lois de nature
en tant qu'elles sont définies dans
notre discours à nous ou d'éléments de
permanence et d'objectivité qui
existerait sans
nous dans le second cas l'on pourrait
postuler une sorte de matérialisme
radical réel beaucoup plus réel qu'un
matérialisme qui serait un géalisme
renversé dans l'autre cas comment ir
peut-on prévoir alors ces relations
multiples entre les niveaux différents
d'objectivité atteignant un plus grand
niveau de ah oui oui alors évidemment je
me rends compte tout ce que je viens de
vous dire là maintenant dois bien vous
laisser supposer que je suis le plus
affreux des idéalistes enfin affreux
enfin le plus radical des idéalistes que
je refais au fond ce qui a été fait
traditionnellement dans toute la
philosophie idéaliste qui consiste à
montrer que les objets bah ça n'existe
pas vraim vraiment et que on ne fait pas
autre chose que de les percevoir ou de
les penser de toute façon les
construire et au fond je le referai cela
à propos du discours et là où berky
disait percevoir moi je dirais dire
j'allais dire son nom voilà mais je
pense que c'est même très loin aprs dire
ce n'est pas ce n'est pas ça je crois du
tout qui qui est en question à vrai dire
même c'est le contraire que je voudrais
faire
euh bon j'ai souvent dit mais pour
m'amuser que j'étais
positiviste on m'a dit que je l'étais et
ça m'a tellement fait rire que j'ai
repris j'ai repris aussitôt le mot en
disant oui oui je suis positiviste parce
que je m'aperçois que ça ennuie toujours
beaucoup les gens quand on dit qu'on est
positiviste c'est traditionnellement
dans la dans le vocabulaire des
universitaires français toujours un
quelque chose qui touche au reproche
presque à l'injure d'être positiviste et
je connais une brave dame d'œuvre de la
philosophie existentialiste qui a cru
que je serais très blessé si on me
traitait de positiviste mais pas du tout
je suis positiviste et je le dis mais
faut-il encore s'entendre qu'estce le le
positivisme au fond se caractérise je
crois comment par le fait que il a voulu
établir entre chaque domaine de savoir
et chaque domaine d'analyse euh des
coupures absolument radicales qui
faisaent par exemple que la vie ne
pouvait pas selon lui être réduite au
processus physicochimique donc la
biologie ne pouvait pas être ramenée à
ni à la chimie la physique et cetera or
je suis positiviste en ce sens moi que
je crois en effet à la spécificité du
discours et j'essaie de faire apparaître
ce champ du discours cette fabrication
du discours ce discours objet j'essaie
de le faire apparaître dans dans dans sa
solidité et dans sa spécificité jusqu'à
un certain point dans son autonomie mais
je voudrais à chaque instant montrer
comment il se rattache il se relie à
quelque chose d'autre et qui lui est
extérieur et c'est au fond ça mon
problème par opposition au
structuralistes mon problème c'est de
montrer comment la pratique
discursive s'articule sur des pratiques
qui ne sont pas je crois qu'il est très
important ce que vous venez de dire pour
marquer justement cette différence entre
une pensée dite structuraliste je crois
que le mot ne convient pas très bien du
moi qui désigne une recherche et votre
propre définition je vois que je crois
qu'ici on atteint quelque chose de très
important pour votre
propre je dirais ceci sans aucune
critique à l'égard des structuralistes
bien entendu le jeu des structuralistes
moins de certains des struuralist
d'autant plus que par moment vous n'êtes
pas loin sans doute sans doute je leur
dois beaucoup y a des dizaines de lignes
comme ça qui apparaissent parci par là
il y a un structuralisme oui mais je je
leur je je leur dois je leur dois
beaucoup mais en gros si vous voulez
certains structuralistes ont affire à
des textes à des discours à des récits
mythiques à des poèmes peu importe le
jeu qui est le leur l'hypothèse qui
soutient leur analyse et celle-ci il
s'agit d'éléments linguistiques qui sont
composés
entre eux et qui constitue ainsi un
discours global est-ce que les lois de
construction de ce discours ne sont pas
de même nature que les lois qui
permettent de construire chacun des
éléments du discours c'est-à-dire les
phrases c'està-dire les mots c'estàdire
à la limite les phonem autrement dit
c'est la généralisation de toutes les
lois élémentaires du langage jusqu'au
niveau général du discours c'est cela
qui est je crois l'hypothèse de beaucoup
de descriptions structuralistes oui pas
de tout
de visis du structuralisme la position
queski a pris visàis de la linguistique
dans C mesure sans vous y référer
naturellement oui avec un recours à plus
d'invention je ne n'y absolument pas
euh que l'on puisse en effet dans un
texte dans un livre finalement même dans
l'œuvre tout entière d'un écrivain
retrouver des lois de composition ou des
lois de construction qui sont celles qui
permettent de à tout le monde de
battertir n'importe quelle phrase on
peut trouver par exemple au niveau d'un
livre tout entier une grande structure
métonymique tout comme on trouve à
l'intérieur d'une phrase quelque chose
que l'on appelle une
métonymie bon je crois que Bart par
exemple le fait assez volontiers à
propos des c'est une hypothèse qui est
extraordinairement intéressante et euh
si je ne la reprend pas ce n'est
aucunement que je la critique c'est
simplement que je crois que chacun a son
propre boulot et en quelque sorte chacun
peut émettre sa propre hypothèse et
l'hypothèse que j'aimis n'est aucunement
en contradiction avec celle-là elle est
d'un type différent mon problème c'est
de savoir au fond comment la pratique du
discours peut h s'articuler sur quelque
chose qui est alors entièrement
extérieur au discours et qui sera par
exemple une pratique économique une
pratique sociale un champ un champ
social un domaine de de technique et
cetera et c'est cet extérieur là du
discours que j'essaie de lier à la
pratique du discours lui-même je vous
suis bien d'avantage dans la mesure où
il s'agit maintenant ici de quelque
chose d'assez d'assez frappant qui est
un rationalisme les mots après tout
valent ce qu'il valent mais un
rationalisme qui exclut euh comment dire
ce cogito dans des cartes disait qu'il
était le centre et l'élément fondamental
du rationalisme or en France
généralement quand on s'oppose à des
cartes c'est pour tomber dans un
irrationalisme ou une pensée fluide ou
peu importe un subjectivisme vous êtes
je crois le seul non cartésien
rigoureusement rationaliste je pense que
ça peut aider peut-être à définir votre
pensé vous me faites vous me faites
plaisir en me disant ça parce qu'en
effet j'ai remarqué que à partir du
moment où on excluait le cogito ou le
primat de la conscience on était très
vite assimilé so un philosophe de la vie
soit un philosophe du tragique soit un
philosophe deirrationalisme or en effet
ce n'est pas du tout cela que je veux
faire alors si vous voulez mon problème
était
celui-ci je n'ai pas été le premier vous
pensez bien à essayer euh de voir ce
qu'il y avait à l'extérieur du discours
il y a eu bien des gens qui n'étaient
pas structuralistes non plus qui étent
même jusqu'à un certain point
antistructuraliste et qui ont sans cesse
posé la question des bords extérieurs du
discours qu'est-ce qu'il y a à
l'extérieur du discours est-ce que
quelque chose on pourrait même écrire
une histoire de la philosophie en
fonction de cette question absolument
absolument or la plupart du temps et
encore plus récemment la réponse qui
était donnée qui a été donnée était
celle-ci ce qui a à l'extérieur du
discours et bien c'est tout simplement
l'homme
ou bien ce qui inérieur du discours sont
les choses l'inerte
l'inerte je crois que aucune de ces deux
solutions n'est tout à fait
satisfaisante si on suppose que à
l'extérieur du discours il y a l'homme
qu'est-ce qu'on entend par l'homme on
peut entendre deux choses ou bien une
sorte de conscience d transcendantale
pour reprendre les mots des philosophes
c'est-à-dire une sorte
de conscience absolument générale
universelle qui définit les structures
de ration personalité propre à tout
discours vrai mais à ce moment-là vous
voyez que vous
perdez la spécificité historique des
discours la possibilité de décrire leur
transformation leur variation vous
perdez même la possibilité de définir la
différence qu'il y a par exemple entre
un discours biologique et un discours
mathématique ou entre un discours
économique et un discours médical de
toute façon vous trouverez les
structures rationnelles du sujet
transcendantal c'est beaucoup trop large
beaucoup trop lourd en même temps pour
rendre compte de toutes ces différences
qui sont étroites et fines mais qui sont
tout de même très importantes bon ou
alors par homme vous entendez le sujet
individuel cet homme concret qui est né
à tel moment qui a subi telle influence
qui a reçu telle éducation qui a eu tel
souci qui a cru découvrir telle ou telle
chose qui avait encore dans l'esprit tel
ou tel image ou telle ou telle vieille
croyance et à ce moment-là vous pouvez
bien rendre compte en effet de tel
discours très particulier vous pouvez
expliquer par exemple pourquoi quelqu'un
comme Newton euh qui a fondé la
mécanique rationnelle enfin qui a été un
des condateurs de la mécanique
rationnelle pourquoi il croyait encore
en Dieu bien sûr vous pourrez également
dire pourquoi un médecin comme brouset a
pu dire des choses aussi vraies contre
les fièvres contre la vieille notion de
fièvre et en même temps euh tuer des
dizaines des centaines et peut-être des
milliers de gens dans la manière
aberérrante dont il soignit le coléra
bon tout ça vous arriverez en effet à
rendre compte d'un certain nombre de
phénomènes particuliers dans la le
discours ou dans le savoir des individus
mais vous ne rendrez pas compte de cette
chose alors plus générale que les
individus qui est l'existence d'un
discours comme celui de la médecine ou
de la mécanique rationnelle ou de
l'histoire
naturelle qui m individuel en quelque
sorte et qui a sa consistance propre qui
s'impose par un certain nombre de règles
à tous les individus quels qu'ils soi
s'ils veulent faire de la médecine ou de
l'histoire naturelle il ne suffit pas de
dire euh j'ai mal au foi ou de dire j'ai
le teint jaune donc j'ai mal au fois
pour être médecin ou pour tenir un
discours médical pour que le discours
soit médical il faut qu'il obéisse à un
certain nombre de règles bien précises
et ce n'est donc pas la simple
psychologie des individus qui pourra en
rendre compte alors voyez-vous à la
question qu'est-ce qu'il y a à
l'extérieur du discours je crois que il
est insuffisant de répondre il y a
l'homme c'est vrai il y a l'homme il y a
l'homme peut-être en général si on peut
définir une structure de rationalité
générale il y a bien sûr les hommes
singulier qui ont qui ont leur position
particulière leur soucis et cetera mais
il y a également autre chose alors
attaquons-nous au problème même
qu'est-ce qu'il y a à l'extérieur du
discours bon alors à l'extérieur du
discours et bien ce que j'ai essayé de
faire apparaître c'était tout un
ensemble de règles
pratiques qui sont absolument qui
s'imposent à tous les individus qui
veulent tenir cette catégorie de
discours et ces règles pratiques sont
une certaine manière de mettre en
relation les objets les uns avec les
autres les techniques les unes avec les
autres les institutions les unes avec
les autres et cetera par ex la nature
c'est la variation de discours dans
cette conception euh la variation du
discours ou tout au moins alors disons
la disciplines j'ae mieux ça la
classification des disciplines et la
classification des objets devient
simplement des traitements différents du
discours si je traite le discours de
telle manière alors je fais telle chose
si je traite le discours de telle autre
manière alors je fais telle autre chose
on peut comprendre cela oui alors c'est
que mon explication n'était pas tout à
fait suffisante si vous voulez on va
prendre un exemple très
simple bon la médecine existe
probablement
depuis que les hommes sont malades
c'est-à-dire depuis qu'ils vivent plutôt
depuis qu'ils meurent ou depuis qu'ils
passent de la vie à la mort en tout cas
la médecine existe depuis des dizaines
et des dizaines de siècles or elle a
subi à la fin du 18e au début du 19e
elle a subi une mutation
extraordinaire pratiquement entre la
médecine du fond de l'âge grec et la
médecine du 18e siècle européen euh
malgré tout le temps écoulé malgré une
prodigieuse accumulation d'observation
de réflexion malgré un nombre de livres
absolument considérable ça avait
finalement assez peu changé et puis très
brusquement entre 1760 si vous voulez
1820 toc voilà que la médecine
s'organise comme un discours brusquement
complexe à coup sû mais qui détient des
méthodes de vérification
d'expérimentation et un discours qui sec
critique lui-même mais progresse à
partir d'un certain nombre de fondements
qui sont considérés comme certains et
qui en somme peuvent de nos jours encore
être considéré comme certain peut-être
parce qu'à ce momentl le discours de la
médecine recoupe le discours que
pourrait faire le démographe sur la
Grand l'augmentation du nombre de la
population et la pression quantitative
des du nombre de ces gens qui oblige le
médecin à à pour ainsi dire prendre
position et le discours économique alors
là on pourrait dire que quand il y a
rencontre de plusieurs niveaux de
discours ours une science peut éclater
et émerger elle-même c'est certain et la
la présence la coprésence d'autres
discours est certainement un des
facteurs de constitution de ce nouveau
discours médical d'ailleurs que vous le
dites dans votre dans votre livre
pointimportance mais il y a également
d'autres éléments par exemple si vous
voulez la démographie dont vous parliez
l'institution de l'hôpital la pratique
de l'assistance le thème politique que
le devoir de l'État consiste à venir en
aide aux gens qui sont pauvres et
malades l'ensemble des réglementations
institutionnelles qui ont organisé cette
assistance aux malades dans l'Europe
c'est tout ça alors on pourrait dire que
là où il y a des discours isolés et
séparés des uns des autres il n'y pour
ainsi dire pas comment diraisje n'ose
pas dire ce mot de progrès mais de
découverte de transformation de la
science et là où plusieurs discours
convergent on pourrait admettre qu'une
forme d'objectivité nouvelle apparaît
plusieurs discours et et et plusieurs
autres
la médecine étant un discours isolé pour
as dire solitaire se dévorant elle-même
ne varie point oui elle varie
lorsqu'elle rencontre des discours
différents d'ell-même d'autres discours
et d'autres institutions d'autres
pratiques il a fallu toute cette
extraordinaire constellation de discours
nouveaux comme par exemple celui de la
biologie celui de l'économie jusqu'à un
certain
point celui de la statistique aussi et
puis des pratiques nouvelles comme cell
de l'assistance comme celle de
l'Hospital tion comme celle de la
surveillance médicale de la population
c'est tout cela qui a été condition de
possibilité du discours médical alors le
sociologue pourrait vous dire ici
qu'effectivement lorsquapparaît une
société assez complexe et assez riche
pour présenter plusieurs séries de
discours convergents il y a plus de
chance pour que l'objectivité d'une
science soit fondée dans une certaine
mesure on peut peut-être le dire quoi
qu'après tout c'est une question que je
me pose aussi n'est-ce pas oui en tout
cas pour certaines
sciences pour le discours économique de
Marx par exemple il faut évidemment que
toute une série d'autres discours que
existe c'est ça c'estàdire moins un
discours est formel
euh plus un discours requiert de ces
conditions concrète pour qu'il se
constitue comme pratique à la fois
autonome cohérente et
scientifique et alors voyez-vous c'est
cette c'est cette mise en relation cette
mise en jeu d'éléments très différents
comme des institutions des pratiques des
techniques d'autres discours c'est cela
cette mise en relation cette mise en jeu
qui me paraî être cet extérieur du
discours à partir de quoi le discours
peut exister et au fond ce qui rend
difficile peut-être pour certains la
démarche de votre pensée c'est que vous
procédez un peu comme l'ont fait
certains physiciens quand einstein
disait que la lumière n'est plus le
milieu privilégié où ce déploie les
événements et l'objet queé tu dit le
physicien vous dites que la conscience
n'est plus millier privilégiés où se
déploie le phénomène lui-même mais il
faut analyser le la cohérence la
construction même de la pratique du
discours al là je pense qu'en effet
votre cheminement devient beaucoup plus
difficile et en même temps beaucoup plus
nuancé pour le lecteur voyez là un point
de difficulté qui est le passage
continuel de l'analyse objective de la
pratique du discours à la prise de
conscience que l' en fait que vous-même
proposer oui ces règles qui définissent
la pratique d'un discours et qui ne sont
pas des règles form
ces règles ne sont évidemment pas
présentes à la conscience de celui qui
parle de quel type de règles s'agitil et
bien il s'agit des règles par lesquelles
on met en
relation un certain nombre d'éléments
divers
hétérogène différent de nature différent
d'Origin on les met en relation pour
faire apparaître et de telle manière
qu'apparaissent des objets à propos
desquels on peut tenir un certain nom
dénoncer former un certain nombre de
concepts et bâtir un certain nombre de
théories alors est-ce qu'elles sont
établies ces règles peut-on considérer
qu'elles sont formulé
exhaustivement par la description qu'on
en pourit on publier le cur de ces
règles demanderf des règles voilà en
général oui et bien je pense que non car
il ne s'agit pas de règles formelles que
l'on pourrait établir une fois pour
toutes et qui vaudrait pour toute
société pour toute culture pour tout
discours et pour tout individu parlant
il s'agit de règles qui sont toujours
investies à l'intérieur des éléments
même qui sont mis en jeu par exempleir
supposer une cohérence ou non par
exemple on va prendre un exemple très
simple
euh jusqu'au la fin du 18e siècle vous
aviez deux types d'institution tout à
fait différents qui étit l'hôpital d'une
part et puis si vous voulez le
laboratoire le cabinet comme on disait à
ce momentlà le cabinet d'expériment
d'expérience
bon jamais personne n'avait eu l'idée de
faire fonctionner
ensemble et l'un par rapport à l'autre
l'un avec l'autre l'un dans l'autre
c'est deux ces deux sortes
d'établissements bon or à partir du la
fin du du 18e siècle voilà que le
discours médical suppose pour se
déployer que l'on fasse fonctionner
simultanément et corrélativement
quelque chose comme un hôpital où vous
allez avoir des séries de malades des
médecins qui les surveillent qui les
observent qui disent quelle température
ils ont euh jour après jour quel est
leur teint quel est leur euh l'évolution
de leur maladie et cetera et puis un
laboratoire où on va examiner avec le
microscope euh le tissu euh de tel ou
telle blessures un laboratoire dans
lequel on va faire des autopsies et
regarder ce qu'il y avait dans le corps
des individus du faire l'analyse
chimique de leur sang de leur urine et
cetera bon je dis que le discours
médical suppose la mise en relation de
ces deux éléments vous me demandez
quelle relation est-ce qu'on peut en
établir la table bien la relation entre
l'hôpital et le et le laboratoire la
relation plutôt les relations sont
évidemment extraordinairement nombreuses
elles se modifient d'ailleurs elles se
compliquent elles s'enrichissent elles
se précisent par exemple tout au long du
19e siècle et tout au long encore du 20e
siècle mais là cette possibilité de
relation en général qui est une des
caractéristiques du discours médical
donc je peux pas vous en donner la table
mais je peux les je peux les décrire oui
d'ailleurs je n'ai pas dit table
j'approuvais le le mot table mais c'est
pourtant une description de la
réalisation de de ces relations je
voudrais je voudrais connaître la
technique je vrais connaître
l'opératoire qui permet de constituer le
discours à partir de ces relations mon
relation là à ce moment-là ne me suffit
pas est-ce que le problème se pose à
partir de l'interrogation de
chouo sur sa propre démarche je me
demande dans quelle mesure l'idée de
vouloir malgré moi je pose toutes les
questions que le livre sucite
vousz mais je crois que à partir de
l'instant où il définit une certaine
direction d'objectivité il ne peut pas
dans ce livre du moins aller jusqu'à ce
qui serait peut-être de mauvaise foi
dénoncer cette objectivité elle-même je
pense qu'il y a là
non mais je crois je crois qu'on on peut
parfaitement répondre à la question euh
que vient de poser monsieur charbonnier
en effet c'est ceci n'est-ce pas vous me
dites quelle est la règle avec laquelle
on peut construire un discours alors
c'est là je dirais plutôt le corps de
règles le corps de règles oui avec
lequel on peut construire un discours
c'est là où je pense que mon explication
a été un petit peu insuffisante car par
discours je n'entends pas telle ou telle
phrase déterminée
ou tel ensemble de phrases tes que vous
pouvez le trouver dans un livre mais par
formation du discours
j'entends l'ensemble des objets dont on
peut parler dans un
discours dans un texte dans un livre par
exemple je dirais que le discours
médical à partir du 19e siècle est
caractérisé par le fait qu'il peut pour
la première fois s'adresser à un
ensemble d'objets qui était inaccessible
au cours médical du 18e siècle cet
ensemble d'objets au 18e siècle
l'ensemble des objets auquels on
s'adressait qu'est-ce que c'était bien
c'était le teint du malade c'était la
couleur de son urine c'était à partir de
la milieu du 18e siècle encore c'était
son pou c'était sa t c'était ses yeux
c'était enfin bon essentiellement les
éléments de surface de son corps à
partir du 19e siècle l'objet du discours
médical ça va devenir pour la première
fois l'intérieur du corps on va ouvrir
l'intérieur du corps et on va découvrir
des
organes découvrir ce n'est pas vrai on
savait bien qu'ils existaient on savait
bien qu'ils avaient un que les hommes
avaient un estomac et des poumons mais
ce n'était pas cela qui était l'objet du
discours médical l'objet de la pratique
médicale et l'objet de l'intervention
médicale à partir du 19e siècle c'est là
qu'on va chercher le foyer de la maladie
quand quelqu'un toussera on se dira
qu'est-ce qui se passe dans son poumon
et on va chercher par un certain nombre
de techniques qui vont être le
stthoscope qui vont être l'anatomie du
du cadavre si le type est malade qui va
être la percussion et cetera si
cette tout vient d'une lésion du type de
la tuberculose ou si c'est dû à une
bronchite ou si c'est dû à une pleurésie
et on va ainsi constituer toute une
anatomie pathologique bien plus quand on
aura affaire à quelqu'un qui est
tuberculeux on pourra au moins après sa
mort euh regarder on se mettra à
regarder quelle était la nature du tissu
quelle était l'altération
caractéristique du tissu tuberculeux on
va soumettre ça au microscope et on va
essayer de savoir en quoi consiste la
tuberculose tout ça c'est une série
d'objets médicaux absolument nouveau
absolument nouveau et pourtant au 18e
siècle on avait tout pour faire ça on
savait assez d'anatomie pour savoir ce
que c'était que les poumons on
pratiquait déjà l'autopsie des cadavres
il y avait bien longtemps que ce n'était
plus une un tabou il y avait bien
longtemps que c'était parfaitement
autorisé et troisièmement on avait un
microscope pour regarder de plus près et
de plus gros en plus gros ce qui pouvait
se passer dans un organisme or tout ça
on s'en servait pas ça a été la mise en
relation de toutes ces techniques qui
étaient pourtant préexistantes de tous
ces savoir qui était pourtant
préexistant c'est cette mise en liaison
qui a fait apparaître une couche d'objet
absolument nouveau cette couche d'objet
nouveau c'est celle qui caractérise le
discours médical ils ont fait peut-être
apparaître au terme de leur discours
aussi des maladies qui ont disparu peu à
peu après la tuberculose dans la mesure
même où est tout lié à tout cette cet
univers qui a créé les conditions de la
tuberculose alors là c'est c'est là où
le discours se met à fonctionner à
l'intérieur même des autres pratiques il
est évident que le là je revois ce
problème comme celui d'une recherche
tout de même d'une objectivité à travers
des vitres opaques que l'on lève de plus
en plus au fur à mesure que le discours
se
précise il reste tout de même que c'est
vers l'objet et que TS cette recherche
et le discours lui-même à la lecture de
votre livre Michel fourco eu j'éprouve
une gêne je veux dire plus précisément
que très certainement il y a de ma part
une incompréhension lourde c'est je
n'arrive pas à me faire une idée claire
de votre attitude à l'égard du monde
extérieur et de ces
rapports avec le discours j'ai
l'impression par moment que vous me
retirez ce qui est extérieur au discours
et que c'est le discours qui suscite ce
qui lui est extérieur et j'ai
l'impression au contraire par moment que
vous supposez quelque chose d'extérieur
à quoi le discours s'applique pour
susciter son objet propre
et j'avoue que j'en
souffre écoutez mais je voudrais essayer
de mettre un terme à votre
souffrance mais peut-être aussi votre
question est
cruelle dans la mesure où je crois que
c'est une question de philosophe une
question de philosophe que vous adressez
à quelqu'un dont vous supposez mais trop
généreusement qu'il est aussi philosophe
à vrai dire je ne suis pas philosophe je
ne fais pas de la philosophie dans ce
que je fais et à me nommer à me donner
une étiquette à dire quel je suis
j'avoue que je serais terriblement
embarrassé je ne pose pas la question de
qu'est-ce que c'est que
connaître mon problème n'est pas de
savoir si un discours si les discours
scientifiques sont vrais ou pas si ils
ont rapport à une objectivité ou non
s'il faut les considérer comme
simplement cohérent ou seulement commode
s'ils sont l'expression d'une réalité ou
tout ça ce ne sont pas mes questions si
vous voulez
euh je ne mettrai pas mon livre sous la
rubrique savoir et vérité ou
connaissance et monde
extérieur dans mon livre précédent dans
mon livre précédent j'avais tendu
bêtement un vilain piège au lecteur je
l'avais appelé les mot et les choses ce
livre je l'avais appelé les mots et les
choses et bien sûr les lecteurs ont dit
et bien c'est drôle on ne voit pas les
choses et en effet jamais le monde
extérieur n'était invoqué comme tel je
parlais par exemple de l'histoire
naturelle mais je n'ai jamais décrit les
animaux ou les plantes elles-mêmes je
n'ai jamais fait intervenir
l'objectivité des animaux et des plantes
dans l'analyse du discours des
naturalistes ou encore j'ai parlé de
l'économie politique mais je n'ai jamais
parlé des processus économiques
eux-mêmes donc ça s'appelait les mots et
les choses et les gens ont eu raison de
dire mais il y a pas de chose du tout et
puis il y en a eu d'autres plus sages
encore qui ont dit mais vous savez il y
a même pas de mot car dire vrai je ne
faisais pas non plus une analyse
linguistique je ne faisais pas une
analyse linguistique et je ne posais pas
le problème de savoir le rapport le
vieux problème platonicien de du rapport
qu'il peut y avoir entre les choses et
les mots est-ce que les mots sont
complètement arbitraire est-ce qu'ils
peuvent se passer des choses ou est-ce
que les choses sont présentes d'une
manière ou d'une autre dans les mots euh
c'était un titre piège je voulais
montrer en quelque sorte que je me
plaçais non pas exactement à mi-chemin
mais dans une dimension autre que
contrairement à ce qu'on pouvait croire
les discours n'étaient pas fait d'un
entrelacement de choses réelles avec des
mots arbitraires que ce n'était pas le
tissu de l'objectivité du monde
entrecroisé avec la trame de notre
vocabulaire que les discours c'était une
pratique
autonome qui était en en quelque sorte
extérieur au mots et aux choses bien que
à chaque instant il fut question des
choses et bien que à chaque instant des
mots fussent utilisés et c'est cette
spécificité du discours hors des mots et
hors des choses c'est cela que j'avais
voulu faire apparaître et que en vrai
dit j'avais ironiquement masqué sous le
terme les mots et les choses et bien
pour en revenir à votre question vous me
posez la question ben voyons le savoir
est-ce que le savoir ça s'appuie sur
l'objectivité du réel selon vous ou pas
je vous dirais c'est à la spécificité du
discours que je m'intéresse quand je
pose cette question al je la spécificité
du discours j'essaie de la faire
apparaître en elle-même et de montrer
comment elle est reliée à des éléments
qui lui sont extérieurs qui sont si vous
voulez des choses qui sont si vous
voulez du réel mais je ils ne sont pas
reliés comme en quelque sorte une vérité
que les discours auraient à exprimer ou
à
refléter non pas un ensemble de choses
réelles que le discours devrait désigner
ou décrire j'essaie de montrer les
rapports qu'il y a entre une réalité qui
est disposée d'une certaine manière et
la la façon dont un discours peut naître
et se former à partir de cette réalité
historique sociale
institutionnelle qui caractérise une une
culture à un moment donné autrement dit
c'est le rapport antérieur et non pas
postérieur des des des choses au
discours je veux dire je n'essaie pas de
montrer comment un discours peut arriver
finalement à énoncer la vérité des
choses mais j'essaie de montrer comment
à partir d'un certain nombre de choses à
vrai dire des éléments comme des
institutions des pratiques sociales des
techniques et cetera comment à partir de
ces choses peut naître une pratique
spécifique qui n'est pas le reflet des
premières mais qui pourtant prend appui
sur elle pratique spécifique qui est la
pratique du discours et c'est ce rapport
antérieur des choses avec le discours
c'est ça que j'essaie de faire
apparaître et c'est en ce sens une
question qui est tout à fait extérieure
à la philosophie dans la mesure où la
philosophie a toujours posé le problème
savoir comment de l'intérieur de ma
conscience est-ce que je peux arriver
jusqu'à l'extériorité des choses enfin
ça a été toute la grande question de la
philosophie c'est-à-dire de l'idéalisme
car toute philosophie au fond est
idéaliste et dès qu'une philosophie
n'est plus idéaliste n'est pas une
philosophie elle devient autre chose une
théorie
politique peu importe et bien ma
question n'est pas une question
philosophique ce n'est pas non plus une
question idéaliste c'est tout l'inverse
le problème est de savoir comment de
l'extérieur des choses on peut passer on
peut arriver i à euh un ensemble de
règles qui régissent de l'intérieur une
pratique
discursive il est parfois des
conjonctures astrales bien entendu
heureuses nous voici à parler
d'astronomie alors qu'un événements des
plus importants se préparait voici deux
siècles exactement juin 1769 devait en
effet voir le passage de Vénus sur le
soleil et de toute l'Europe des
expéditions étaient parties par terre ou
par mer pour observer ce phénomène et
nous en rappelons quelques-unes le père
l astronome de Vienne s'installe à l'île
wardus pour le compte du Danemark
au-delà du 70e degré et demi de latitude
dans la Mer Glaciale un jeune astronome
auvernia monsieur Rome est envoyé par
l'Académie royale de Saint-Pétersbourg
pour la Sibérie l'abbé chap s'est
embarqué avec deux officiers espagnol à
Cadix pour la Californie monsieur
veryron après avoir presque bouclé le
tour du mononde avec Monsieur de
bouinville s'est détaché de l'expédition
pour rejoindre l'île-de France à
Saint-Domingue monsieur de courgeol
s'apprête aussi à l'observer
d'Angleterre deux astronomes sont partis
pour la Baudson et deux autres pour la
nouvelle zamble monsieur Gren enfin est
parti avec le capitaine Cook dans la mer
du Sud où cette observation sera la plus
importante première fois sans doute que
ce déploie un tel effffort scientifique
à l'échelle
internationale de toutes les relations
de de l'événement attendu nous
choisirons celle de Cook qui a quitté
l'Angleterre en AOT 1768 et débarquer à
Tahïti voici 200 ans en avril 1769
exactement soit juste un an après
bouinville quelques jours avant le
passage de Vénus sur le soleil après
avoir suivi sans intérêt ni surprise une
cérémonie religieuse des Anglais et
quelques notables thïtien invite Cook à
l'une des leurs du moins le croi-t-il et
il se trompe du moins encore s'agit-il
déjà d'une certaine Vénus qui préside
sans le savoir à cette fête thïtienne un
jeune homme de près de 6 pieds et une
jeune fille de 11 ou 12 ans sacrifiè à
Vénus devant plusieurs de nos gens et un
grand nombre de naturel du pays sans
paraître attaché aucune idée
d'indescence à leur action et ne s livr
au contraire à ce qu'il nous semblait
que pour se confirmer aux usage du pays
soyons sérieux et revenons à la Vénus
céleste et au but de édition de Cook les
Anglais préparent leurs observations et
voici le récit de ces préparatifs de ces
observations où exotisme et Scien se
mêlent
agréablement comme le jour où nous
devions faire nos observations
astronomiques approcher je résolus
d'envoyer deux détachements afin
d'observer le passage dans divers
endroits espérant que si nous ne
réussissions pas à haut Haïti nous
aurions ailleurs un meilleur
succès nous nous occupâes donc à a
préparé nos instruments et a montré
l'usage qu'il en fallait faire à ceux de
nos officiers que je me proposais
d'envoyer dehors 1er juin
1769 2 jours avant le passage de Vénus
je fis partir pour IMAO dans la Grande
Chaloupe monsieur gore et deux d'entre
eux à qui monsieur green avait donné des
instruments convenables j'envoyais
d'autre part Monsieur H avec deux contre
maîtres et l'un des officier de poupe
dans la pinasse à l'est de Tahiti afin
d'y choisir à quelques distance de notre
principal observatoire un lieu
convenable où ils pussent employer des
instruments qu'ils avaient emportés dans
le même
dessin malgré toute la célérité qu'on
mit pour équiper la chaloupe elle ne fut
prête que dans l'après-midi no nos gens
qui étaient à bord après avoir ramé la
plus grande partie de la nuit
l'amenèrent enfin au-dessus de la terre
d'IMAO au lev du jour le 2 juin 1769 ils
virent une pirogue qu'ils appelèent les
Indiens qu'elle avait à bord leur
montrèrent un à travers le récif ils y
entrèrent et ils choisirent bientôt
après pour lieu de leur observatoire ce
rocher de corail qui s'élevait hors de
l'eau à environ 150 verges de la côte ce
rocher en avait 80 de longueur et 20 de
large on trouvait au milieu un lit de
sable blanc assez étendu pour y placer
les tentes monsieur Gor et ses
compagnons commençaient àadresser et à
faire les autres préparatifs nécessaires
pour l'opération importante dans leur
domaine sur ces entrefaites monsieur
Banks suivi des insulaires de Tahiti et
des autres indiens qu'il avait rencontré
dans la pirogue alla dans l'intérieur de
l'île pour acheter des provisions il
s'en procura effectivement une quantité
suffisante avant la nuit lorsqu'il
revint au rocher il trouva
l'Observatoire en ordre et les
télescopes fixés et
éprouvés la soirée fut très belle
cependant l'inquiétude ne leur permit
pas de prendre beaucoup de repos pendant
la nuit chacun faisait la garde à son
tour l'espace d'une demi-heure il allait
contenir l'impatience des autres et leur
rapportait la situation du temps
quelquefois il encourageait leur
espérance en disant que le ciel était
serein et d'autrefis il les alarmait en
leur annonçant qu'il était couvert 3
juin
1769 ils furent debout dès la pointe du
jour et ils eurent la satisfaction de
voir le soleil se lever sans nuage
monsieur Banks souhaitant alors un
heureux succès à nos Observateurs
retourna une seconde fois dans l'île
pour examiner la production et y acheter
des
rafraîchissements pour faire les
échanges avec les naturels du pays il se
plaça sous un arbre et afin de n'être
pas poussé par la foule il traça autour
de lui un cercle dans lequel il ne leur
permit pas d'entrer ici une page qui n'a
pas grand-chose à voir avec Vénus et son
passage sur les 8h il aperçut deux
pirogues qui voguait vers l'endroit où
il se trouvait et les insulaires lui
firent entendre qu'elle appartenait à
tarao roi de lîle qui venait lui rendre
visite dès que les piroges se
rapprochèrent de la côte le peuple se
rangea en haie depuis le rivage jusqu'au
lieu du marché et Sa Majesté débarqua
avec sa sœur nommée
Nouna comme il s'avançait vers l'arbre
sous lequel était monsieur Banks il alla
à leur rencontre et il les introduisit
en grande cérémonie dans le cercle dont
il avait écarté les insulaires c'est une
coutume de ces peuples de s'asseoir
pendant leur conférence
et Monsieur Banks développa une espèce
de turban d'étoffe de l'Inde qu'il
portait sur sa tête en guise de chapeau
il l'étendit à terre et ils s'assirent
tous ensemble on apporta alors le
présent royal qui était composé d'un
chien d'un cochon de quelques fruits à
pain de noix de coco et autres choses
pareilles et Monsieur Banks envoya un
bateau à l'observatoire pour y porter ce
présent et les messagers revinrent avec
une hache une chemise et des Verot qui
l'offrit à Sa Majesté qui le reçut avec
satisfaction et pendant ce rituel de
l'échange Vénus commence à entrer dans
le
soleil après le premier contact de Vénus
avec le soleil monsieur Banks retourne à
l'observatoire
emmenant avec lui le roi tarao et sa
sœur Nuna et quelques-uns des principaux
personnages de leur suite parmi lesquels
il y avait trois jeune fill très belle
il leur montra la planète au-dessus du
soleil et tâcha de leur faire entendre
que ses compagnons et lui avaient quitté
leur pays pour faire observer ce
phénomène bientôt après monsieur Banks
retourna avec eux à l'île d'IMAO il y
passa le reste de la journée à en
examiner les productions qu'il trouva à
peu près les même que celle de Tahiti
les hommes qu'il vit ressemblaient aussi
entièrement aux habitants de cette
dernière île et il en reconnut plusieurs
pour les avoir déjà vu à Ha Haïti de
manière que tous ceux avec qui il fit
des échanges connaissaient ses
marchandises et leur valeurs 4 juin 1769
au matin nos Observateurs plièrent leurs
tente pour s'en revenir et arrivèrent au
fort avant la nuit l'observation fut
faite avec un égal succès au fort et par
les personnes que j'avais envoyé à l'est
de l'île depuis le lever du soleil
jusqu'à son coucher il n'y euut pas un
seul nuage au ciel et nous observâmes
monsieur green le docteur slender et
moi-même tout le passage de Vénus avec
la plus grande
facilité le télescope de Monsieur Green
et le mien était de la même force et
celui du docteur solender était plus
grand nous vimmes tous autour de la
planète une atmosphère ou un brouillard
nébuleux qui rendait moins distinctes
les temps des contacts et surtout des
contacts intérieurs ce qui nous fit
différer les uns et les autres dans nos
observations plus qu'on ne devait
l'attendre suivant monsieur green
premier contact extérieur ou la première
apparence de l'entrée de Vénus au-dessus
du disque du soleil
9h25 42 secondes du matin premier
contact intérieur ou immersion totale
9h44 4 secondes du matin 2è contact
intérieur ou le commencement de
l'émersion
3h1 minutes 8 secondes de l'après-midi
2è contact extérieur ou émersion totale
3h 32 minutes 10 secondes nous trouvâes
que notre Observateur était situé au 17e
degré 29 minutes 15 secondes de latitude
et au 149e degré 32 minutes 30 secondes
de longitude 0 de
grenwich et ici pour les observations
plus détaillées Cook nous renvoie au
résultats publiés dans un ouvrage
intitulé transaction
philosophique l'événement astronomique
pour lequel tant de navires tant de
savants se sont égaillés à travers le
monde est terminé et dans chaque
expédition la vie de tous les jours
reprend ses droits avec ses é
merveillement mais aussi avec ses tracas
et ainsi se conclu ces journées
d'observation de Vénus sur le soleil
pour Cook et ses compagnons si nous
avions des raisons de nous féliciter du
succès de notre
entreprise quelques-uns de nos gens
avaient profité du temps de manière à
nous causer bien du regret pendant que
les officiers étaient tous occupés à
observer le passage de Vénus des matelot
enfoncèrent un des magasins et volèrent
près d'un S pesant de clous affiche le
cas était sérieux et de grande
importance car si les voleurs avaient
répandu ses clous parmi les otaïtiens il
nous auraiit fait un tort irréparable en
diminuant la valeur du fer qui était la
principale marchandise que nous avions
apporté pour commercer avec ces
insulaires on découvrit un des voleur
mais on lui trouva que cette clou il fut
puni par 24 coups de fouet et il ne
voulut jamais révéler ses complices mais
tout est bien qui finit bien c'est pour
les Anglais une grande fête celle de
l'anniversaire du George on attendit
pour le célébrer le retour de tous les
officiers qui étaient allés observer le
passage de Vénus plusieurs des chefs
Taïtiens assistèrent à la fête ils
burent à la santé de Sa Majesté sous le
nom de
Kago qui était le son le plus approché
qu'il pouvait rendre pour exprimer le
King George
More transcripts
Explore other videos transcribed with YouTLDR.

VOLTAIRE : Portrait souvenir [RTF, 1961] (avec André Maurois)
Rien ne veut rien dire · French

VICTOR HUGO : Portrait souvenir [RTF, 1961]
Rien ne veut rien dire · French

مبررات طرح سؤال ما الحاجة الى تدريس الفلسفة اليوم؟
الموسوعة الفلسفية · Arabic

١- وقفات مع جاك لاكان
طارق القرني · Arabic

الإنسان والتحولات المعاصرة الكبرى مع د. فوزية محمد مراد و د. محمد زكّاري.
حلقة الرياض الفلسفية - حرف · Arabic

Outer Space: The Next Economic Frontier | WSJ
WSJ Events · English

وثائقي | أكل اللحوم من منظور فلسفي أخلاقي | وثائقية دي دبليو
DW Documentary وثائقية دي دبليو · Arabic

بودكاست 1949 | الترجمة جسر الحضارات
وزارة الثقافة Ministry of Culture · Arabic

La fascinante historia del Juego de Tronos de la IA
Gustavo Entrala · Spanish

La historia de ANTHROPIC, los creadores de la IA que puede DESTRUIR el mundo (o salvarlo)
Gustavo Entrala · Spanish

OpenAI revela su verdadero plan tras alcanzar la AGI
AI Revolution en Español · Spanish

How To Predict Reversals Using our HFT Algo Scanner? || #nifty #banknifty #reliance #tcs #infy
Derivatives Indicators · English
Get the TLDR of any YouTube video
Transcribe, summarize, and repurpose videos in 125+ languages — free, no signup required.