Des idées et des hommes : Heidegger et Hölderlin (1956)
[Musique]
les nuits de France
[Musique]
Culture frculture la nuit une mémoire
[Musique]
radiophonique
de Jean Val deeuse a pu dire dans
différent ses répétitions que toute
l'œuvre est une profonde méditation sur
la différence sur les possibilités d'en
exprimer la nature poétique libre et
sauvage sur l'irréductibilité de la
différence au simple
négatif sur les rapports non égaliens de
l'affirmation et de la
négation Jean Val philosophe de la
pensée non systématique comme on dit
interprète devant nous en
1956 le questionnement quelque peu
anxieux de Jean Amrouche un
questionnement un peu perdu dans des
chemins qui ne mènent nulle part ramené
aux sources de la philosophie par un
certain Martin
Heidegger il faut dire qu'on le serait à
moins à cause de la langue d'abord et de
la traduction dont pourtant il ne sera
pas question ici mais aussi parce que il
s'agit rien moins que d'assigner à la
pensée même une nouvelle
[Musique]
tâche la Radi
télévision française
présente des idées et des hommes une
émission de Jean
[Musique]
amouche au cours de cette émission vous
entendrez un entretien avec Jean Val à
propos de heidger et de
Holderlin
il serait irrévérencieux de vous
présenter Jean Val parce qu'il est trop
célèbre et parce que vous êtes nombreux
déjà à le connaître il est ici ce soir à
un double titre comme philosophe et
comme poète c'est dire que Jean Val
esprit subtile et d'une rare pénétration
est plus que tout autre capable de
rendre compte d'une double expérience
celle du philosophe qui explique le
monde et l'homme et celle du poète de
qui le propos n'est point d'explique
mais de composer t combinaison de
paroles qui sont doué du pouvoir de
rendre explicable ce qui de soi est
obscur vous vous rappelez les mots de
Claudel dans la ville qui fait dire au à
l'ingénieur BEM que cuuvre et le poète
comme un arbre qui de toute sa feuille
s'émeut dans le silence de midi la paise
en nous peu à peu succè à la pensée par
le moyen de ce chant sans musique et de
cette parole sans voix nous sommes
accordés à la mélodie de ce monde tu
n'expliques rien au poète mais toute
chose par toi nous deviennent
explicable on pourrait opposer à propos
de ce
texte la pensée qui cesse lorsque la
paix s'établit par le moyen de la poésie
on pourrait bien dire que la pensée est
ce qui distingue ce qui sépare tandis
que la poésie a pour objet au contraire
de rétablir l'unité de ce qui est séparé
et de ce qui dans ce qui est séparé et
qui souffre d'être séparé mais ce n'est
pas à moi d'entrer dans le détail de
cette expérience c'est à Jean Val qui
j'espère est impatient de vous parler je
voudrais dire encore un mot Jean valal a
consacré tout un cours de Sorbonne à
Heidegger et à
hullerlin je souhaite et qu'il veuille
bien reprendre ce texte improvisé et lui
donner une forme plus achevée et ce soir
j'aimerais que l'auteur des études
kirkgardien prenne la peine d'exposer
quelques-uns des points essentiels de sa
méditation de philosoph et de poète sur
Heidegger et Herlin et d'abord mon cher
jeanval je voudrais vous demander
pourquoi avez-vous choisi
Heideger c'est une question que je me
suis posée souvent et depuis longtemps
puisque depuis longtemps je fais des
cours qui ont comme point de départ et
même plus que comme point de départ qui
ont comme texte Heidegger je le
considère malgré les différences qu'il
peut y avoir entre lui et moi sur
certaines attitudes je le considère
comme un des plus importants penseurs de
notre temps notre temps est en un sens
et sur ce point je suis d'accord avec
lui la fin de la métaphysique
j'ajouterai aussi la fin de l'ontologie
il en a eu conscience et c'est en tant
qu'il en a eu conscience que je me
tourne vers lui vous pensez donc que
Heidegger est sinon le plus important au
moins le l'un des plus importants des
philosophes contemporains et vous
attribuez cette importance à Heideger
parce que il a abordé les problèmes les
plus
important ou est-ce que vous le
considérez simplement comme le
liquidateur de la philosophie
classique là il faut que j'entre dans
des distinctions car les problèmes qui
sont les plus importants pour Heidegger
ne sont peut-être pas les plus
importants pour moi et pourtant derrière
ces problèmes différents il y a des
problèmes identique c'est-à-dire que lui
s'intéresse avant tout à ce qu'il
appelle le problème de
l'être et quant à moi si on me demandait
mon avis je dirais que ce problème n'est
pas important mais derrière le problème
de l'êre nous
trouvons l'idée de
monde qu'au fond en un sens il a
réintroduit dans la philosophie nous
trouvons l'idée de l'être dans le monde
et cela me paraît de nouveau très
important vous avez pu remarquer et je
parle ici aux auditeurs qui ont quelques
connaissances de Heeger quand je dis
quelqu connaissance je ne fais pas
seulement allusion aux quelques vagues
lueur que je peux en avoir moi-même vous
avez pu remarquer que la pensée de Heid
Deger est
constamment appuyée sur celle des
présocratiques particulièrement jeanval
anaxagor
Parménide héracllite est-ce que vous
pensez que il a eu recours à ces
présocratiques qui sont de nouveau en
honneur puisque quel quelques semaines
ont paru deux livres deux traductions
précisément d'héracllite de Parménide et
d'ampédocle est-ce que vous pensez que
Heidegger a eu recours à eux en raison
des circonstances historiques actuelles
où se trouve la pensée philosophique ou
bien en raison d'une affinité
personnelle avec ces philosophes
présocratiques c'est d'abord dirais-je à
cause de la situation de la philosophie
à l'heure actuelle la philosophie a
commencé d'après Heidegger avec ces
hommes-là particulièrement avec
Anaxagore et la philosophie d'après lui
est aujourd'hui sous une certaine forme
au moins terminé et en ce moment de la
terminaison de la philosophie il est
naturel de se reporter vers son
commencement parce que peut-être nous
sommes à l'aube d'un de ce qui sera un
nouveau commencement
qu'est-ce que vous qu'est-ce que vous
entendez qu'est-ce qu'il entend par là
est-ce qu'il entend par là que par
exemple aujourd'hui le pouvoir que
l'homme peut exercer sur la nature ou
sur la matière est tel que nous pouvons
nous considérer comme étant à l'aube
d'une nouvelle création ou de nouveaux
rapports entre l'homme et le monde
oui et et non le pouvoir que nous avons
sur la matière est tel que nous nous R r
donc compte que que l'homme va être en
quelque sorte maître de la matière mais
en même temps comme il le dit en
s'inspirant de Heidegger de huerlin les
dieux sont partis c'est cela qui
caractérise ce qu'il appelle après
nietich le nilisme c'est-à-dire la fin
du sacré la fin du sacré et et cependant
il a le pressentiment qu'il y a le sacré
toujours et que nous devons nous
remettre en contact avec lui et pour
quelle raison pour quelle raison nous
remettre en contact avec le sacré pour
quelle raison en quelque sorte nous
retrouver devant dans la même attitude
devant nous-mêm devant le monde qui fut
celle de Parménide ou d'anaxagor ou
d'héracllyit cela dépend de ce qu'on
appelle raison mais s'il est vrai qu'il
y a le sacré et que le sacré nous
appelle ou nous invoque comme le dit
comme le pense
Heideger nous sommes toujours tel que
nous avons à nous tourner vers le sacré
et d'ailleurs euh nous sommes dans la
même situation nous avons à nous sentir
dans la même situation qu'héracllite et
que Parménide c'est-à-dire appelé par le
sacré eu vous pensez par conséquent que
cette domination que l'homme est amené
maintenant à exercer sur la nature sur
la matière domination qui a été obtenue
par le développement de la science
c'est-à-dire par des moyens
profane nous fait
perdre le bénéfice du sacré et que
cependant ce besoin du sacré est
tellement inhérent à la nature humaine
que l'homme ne peut pas sans une très
grave
amputation ne pas réintroduire en lui le
sacré et que par conséquent le recours
au sacré est une chose qui est
absolument nécessaire oui ce que vous
dites est tout à fait exact sauf le mot
réintroduire car c'est le sacré qui se
réintroduit et ce n'est pas nous qui le
réintroduisons d'après heidugger et je
pense d'après moi aussi en un certains
sens bon je ne veux pas entrer dans une
discussion de mots avec vous à ce sujet
je voudrais reprendre maintenant mon
questionnaire un petit peu plus général
nous voyons pourquoi peut-être vous vous
êtes intéressé particulièrement à heœil
de guerre mais il me semble que vous
auriez pu aussi vous intéresser tout
spécialement à d'autres philosophes s'il
s'agissait essentiellement pour vous de
vous découvrir ou de vous définir par
rapport à un philosophe contemporain je
voudrais demander maintenant pourquoi
Heideger lui a eu recours à la
méditation et à l'interprétation d'un
poète pourquoi sa méditation ne
s'est-elle pas
borné soit à la composition de poèm je
crois que d'ailleurs Heidegger en a
écrit lui-même et pourquoi il a eu
recours à un poète et à
Herlin il faudrait aller des raisons que
j'appellerai extérieur et qui ne le sont
peut-être pas du point de vue de
Heidegger aux raisons plus profonde
Heidegger pense que la langue allemande
a des privilèges je ne suis pas d'accord
avec lui sur ce point je pense qu'on
pourrait partir de rimbaau au moins
aussi bien que de huerlin mais il lui
faut un poète allemand parce que d'après
lui l'Allemagne est le peuple du milieu
et le peuple
métaphysique alors malgré mon désaccord
il faut bien que j'admette l'existence
de cette raison d'autre part il ne veut
pas d'un poète classé comme romantique à
la façon de novalice c'est pourquoi vous
pensez qu'il a écarté délibérément
novalice je ne sais pas si c'est
délibérément il l'a écarté bon ensuite
excusez-moi de vous avoir interrompu
ensuite il y a eu toujours une
congénuité si je peux forger ce mot en
entre Herlin et les philosophes il était
l'ami d'enfance de deux grands
philosophes shelling et Hegel et
Nietzsche l'a considéré comme un de ses
maîtres or Nietzsche c'est la fin de la
philosophie occidentale de cette
philosophie qui est pour he toute la
philosophie et dont anximandre est le
début il est donc naturel de se tourner
vers un de ceux que niet a
reconnu on considérerait par conséquent
Herlin comme un poète
terminal le maître de un des maîtres
terminaux qui est Nietzsche parce que
après Nietzsche il n'y a plus rien
d'aprèser que le commencement d'autre
chose probablement qui est Heideger
luimême lui-même et alors Jean Val lui
philosophe et poète s'est attaché ce
serait attaché particulièrement à
Heidegger dans la mesure où la pensée de
Heidegger se nourrit de la démarche
poétique à travers les études et les
méditations qu'il a fait sur les
pressocratiques et sur
Holderlin si vous voulez bien que ceci
ait l'air de mettre au second rang la
méditation proprement philosophique de
Heiner je ne la mets pas au second rang
je ne porte pas de jugement sur la
méditation proprement philosophique de
Holderlin j'essaie simplement de démêler
ce qui a pu vous attirer vous je
philosophe et poète vers un certain
sujet ou un certain prétexte d'étude car
je pense que malgré tout ce qu'il y a
peut-être de plus important pour vous
dans vos études sur Heidegger et Herlin
c'est votre propre méditation à travers
la poésie de Herlin et à travers la
méditation philosophique de Heidegger et
nous aborderions là alors le véritable
sujet de cette conversation à bâton
rompu qui est de la relation entre la
méditation philosophique et la vie
poétique j'entends par là l'expérience
poétique qui aboutit au
poème est-ce que vous pensez comme je
l'avais indiqué très sommairement en
commençant cette conversation que entre
la démarche proprement philosophique et
la démarche
poétique il y a une origine commune et
qu'elle se distingue uniquement par des
techniques différentes ou bien est-ce
que vous pensez que ce sont deux
démarches qu'il convient de distinguer
d'une façon radicale à la fois par leur
méthode et à la fois et par leur objet
par leur fin oui je m'accorde avec la
première idée que vous venez de proposer
ici tout dépend de la façon dont on
définit quelques mots en particulier le
mot penser parce que ce qui m' frappé
dans ce que vous avez dit au début c'est
que vous avez dit la pensée sépare or je
n'en suis pas persuadé je je ne l'ai pas
dit je l'ai fait dire oui oui vous
l'avez fait dire à Claudel je l'ai fait
dire à Claudel ou plus exactement à des
personnages de Claudel oui oui alors
vous vous dites vous que la pensée ne
sépare pas bien en tout cas Heideger
pour ne pas parler de moi dit que la
pensée unit que la pensée est
essentiellement parole logos logos c'est
dit-il cueillir et rassembler c'est unir
la pensée unit le
denken pour parler allemand est avant
tout activité d'union activité d'union
je veux
bien nous pourrions beaucoup discuter
autour de cela je crois tout de même
que dans la notion de pensée il y a
l'idée fondamentale de peser et par
conséquent que la pensée et par essence
analytique mais
essayons de voir quelle serait l'origine
commune de la démarche philosophique et
de la démarche poétique où la voyez-vous
cette origine commune l'origine commune
ce serait dans une vision qui est en
même temps
parole une vision qui serait en même
temps parole mais ne croyez-vous pas
qu'il y a lieu précisément de distinguer
parole et parole l'une serait une parole
essentiellement discursive et ce serait
la parole disons philosophique et la
parole poétique aurait pour fin
essentielle de
permettre la participation à cette union
elle a pour but non pas de faire penser
cette union non pas de la projeter dans
un système
conceptualisé mais de lui laisser son
caractère d'expérience disons concrète
vivante viscérale
je crois que cette conception a un
double
inconvénient c'est de contantonner la
philosophie dans l'analyse et en
deuxième lieu de ne plus faire de la
poésie qu'un moyen
pour
exprimer quelque chose que par ailleurs
on sait par l'analyse et et cela ça me
paraî la négation des deux activités de
la pensée et de la poésie
oui mais rappelez-vous pour enevenenir
toujours au texte d'où j'étais parti
c'est-à-dire à la ville où le personnage
de l'ingénieur philosophe Isidor de bê
et qui vient de découvrir le néant parle
de la connaissance et déclare qu'il
vient seulement de découvrir que la
vraie connaissance est une science sous
la science et il l'appelle lui-même
ignorance la part participation dans une
certaine mesure exclut la vision
elle exclut tout au moins la vision
projeté sur l'écran de l'intelligence
oui d'accord
d'accord c'est-à-dire que toute grande
poésie finit dans le silence comme
semble l'impliqué BEM et
claudelant que mê disent telle chose
cela n'est pas gênant puisque Claudel
est à la fois B et cuvre sans doute oui
mais ça ce qui était Claudel est une
autre question il était sans doute à la
fois BEM cvre et tant d'autres
personnages de de son théâtre il n'est
là qu'à titre d'exemple et pour essayer
de guider un petit peu notre réflexion
qui est passablement tâonnante tout au
moins la
mienne par exemple nous parlions avant
que cette petite machine n''est commencé
à
enregistrer nous parlions de spin
et vous me disiez que Go avait dit de
Spinoza qu'il était ivre de Dieu la fin
commune de la démarche poétique et de la
démarche philosophique serait bien
l'union avec Dieu de sorte qu'après tout
la philosophie le langage philosophique
aussi ne serait pas une fin il ne serait
qu'un moyen la distinction que l'on
pourrait faire entre les deux je n'ai
pas à vous la rappeler Valérie la FA
c'est la intion fondamentale entre
poésie et prose la prose selon lui
serait le texte qui
sa'abolirait dans le mouvement même de
l'intellection dans la mesure où nous
comprenons un texte de prose il fait
corp avec notre pensée il se traduit
dans notre pensée et nous pouvons très
bien lui trouver d'autres équivalents
nous pourrions le traduire par un autre
texte qui pourrait lui être
rigoureusement équivalent quant à la
poésie ce qu'elle a de plus particulier
c'est que elle tente à créer un État en
nous qui est cet état de participation
ou d'union tel que pour reproduire cet
état il est absolument indispensable de
recourir au terme même du poème de sorte
que la distinction est une distinction
fondamentale ce sont deux aspects du
langage ou deux valeurs du langage et
qui sont radicalement différentes oui je
ne crois pas à cette dissociation la
position de Valérie était possible parce
que c'était un un poète très important
un grand poète et qu'il détestait les
philosophes ce n'est pas mon cas je ne
déteste pas les philosophes quand je
rencontrais Valérie allant à la société
de philosophie il me disait c'est
bizarre vous me voyez encore parmi les
philosophes et on voyait bien en quel
sens il disait que c'était bizarre moi
je ne trouvais pas que c'était bizarre
et je considère Valérie comme un
philosophe ce qu'il n'aurait pas ce
qu'il n'aurait pas voulu oui c'était
peut-être une coquetterie de sa part
d'ailleurs je ne crois pas non parce
qu'il pensait que au fond la philosophie
c'était une simple technique oui et vous
vous ne pensez pas que la philosophie
soit une simple technique pense pas je
ne pense pas quant à cette différence
que vous dites que la poésie est quelque
chose de qui est qui fait corps avec sa
forme et que la philosophie n'est pas
dans le même cas je ne crois pas que ce
soit exact pour les vraiment grands
philosophes et même pour un contemporain
de Valérie qui était Berkson et que que
Valérie n'aimait pas bien qu'il l'IT
loué est-ce que pour abandonner les
rapports de Valérie et de Bergon et qui
ont été distingués par beaucoup de
commentateurs de de Valérie on sait ou
l'on suppose que Valérie a dû beaucoup à
la pensée berksonienne et on se rappelle
certaines strophes de palme par exemple
qui semble être une traduction poétique
de pensée berksonienne est-ce que vous
recevriez cette idée que la philosophie
doit aussi conduire à l'enthousiasme ce
qui nous ramène à l'une des notions
essentielles de la poésie de
Holderlin certainement que la poésie
soit tout entière enthousiasme je le pH
la
philosophie oui je le pense je le pense
il y a un texte fameux fameux enfin qui
devrait l'être de descart jeun où il dit
qu'il y a plus de philosophie dans la
fureur des poètes que dans bien des
dissertations des philosophes et je suis
d'accord avec des carartte avec ce jeûe
Descartes sur ce point c'est le
philosophe en vous qui est d'accord avec
le jeûe Descartes sur ce point où est-ce
le poète inv vétéré que vous êtes qui
est d'accord avec le jeûne Descartes les
deux je ne crois pas que que cela se
distingue aussi profondément puisque les
premiers philosophes c'est
hérraclite en tout cas parmi id et les
autres étaient des poètes et des
philosophes de grands philosophes et
d'assez grands poètes que Platon au fond
bien que écrivant en prose était un
poète je ne vois pas de raison pour
dissocier si profondément les activités
de
l'esprit bien je ne cherche pas
tellement à dissocier qu'à distinguer
les activités de l'esprit et d'ailleurs
il semble bien que si Heidegger comme
vous-même a étudié de si près un poète
comme Holderlin c'est bien parce que il
ne voulait pas distinguer ses activités
de l'esprit ou bien que après les avoir
si longtemps distingué il s'est aperçu
qu'il ne fallait plus les distinguer
mais nous sommes en apparence fort loin
encore de
Herlin dont certains des poèmes
particulièrement le texte que vous avez
traduit dans votre cours comme en un
jour de fête a dirigé toute la
méditation
de Heidegger et je voudrais que nous y
revenions la Radiodiffusion Télévision
française présente
des idées et des hommes une émission de
Jean
[Musique]
Amrouche au cours de cette émission vous
entendrez un entretien avec Jean Val à
propos de Heideger et
Herlin Samedi dernier vous vous souvenez
peut-être Jean Val nous a dit que selon
lui la démarche du philosophe et celle
du poète se confondent à l'origine et
que c'est par erreur qu'on les oppose
parfois toute vraie poésie serait
implicitement au moins philosophie tout
philosophe authentique serait poète même
Spinoza par exemple dont Go disait qu'il
était ivre de Dieu ainsi que nous l'a
rappelé Jean Val philosophie c'est
vision du monde poésie c'est aussi
vision du monde mais si l'on ne doit pas
distinguer la vision philosophique du
monde de la vision
poétique je me demande quel sens il
faudrait donner à l'expression ivre dans
ivre de Dieu et au mot Dieu je ne sais
pas si jeanval pourra nous répondre à ce
sujet je voudrais dire aussi que si la
poésie est vision du du monde ou
dévoilement d'une réalité essentielle
que dans l'ordinaire de notre existence
nous ne voyons pas quel est l'écran qui
s'interposerait entre nous et cette
réalité essentielle du monde quel est le
voile qui s'interpose entre le monde et
nous et en quelque sorte entre nous et
nous est-ce l'apparence est-ce la
Maya la séparation dont nous souffrons
est-elle le résultat la conséquence de
quelques faute originelle
lointaine en tout cas il est certain que
les poètes nous proposent toujours de la
vie en poésie quelque chose de solennel
quelque chose de profondément ordonné en
même temps que de primitif et comme
sauvage et il ne faudrait pas opposer
par exemple la définition célèbre de
baudelire là tout est ordre et beauté
luxe calme et volupté de la référence
célèbre de
rimbaau je détiens seul la clé de cette
parade sauvage la parade sauvage dont
parle reimbaau l'ordre le luxe la
volupté dont parle baudelire ne
s'opposerait qu'en apparence en tout cas
dans l'ordinaire de nos jours nous
serions donc exclus d'une certaine fête
nous serions exilés d'une sorte de
paradis à la fois perdu au fond de
l'origine et pourtant toujours à venir
et qui pourrait être
présent on sent très bien derrière cette
affirmation extrêmement rapide certaines
déclarations inoubliable et inoublié de
l'Évangile sur la présence
de Dieu en nous Jean valal j'ai déjà
beaucoup trop parlé mais c'était
simplement pour essayer de vous lancer à
vous de
jouer vous avez donné une explication
extrêmement métaphysique et par moment
religieuse du fait devant lequel nous
nous trouvons vous avez parlé de faute
originelle c'est possible qu'il y ait
une faute originelle mais peut-être pour
le moment n'avons-nous pas forcément à
aller si loin et je me per met de
rouvrir le livre de Berkson sur le rire
où est contenue la théorie de l'art de
Berkson là il nous dit il y a le langage
il y a la société les deux étant
intimement mêlés le langage étant social
la société étant parlante qui nous
empêche d'être en contact direct avec
les choses de cette théorie de Berkson
nous pouvons remonter facilement à ce
que dit chellet dans la défense qu'il a
écrite de la PO és c'est la même théorie
théorie romantique en un sens qu'il
soutient il y a un voile de l'habitude
le poète est celui qui soulève le voile
de l'habitude maintenant pourquoi y
a-t-il langage pourquoi y y a-t-il
société est-ce la faute de la faute
originelle est-ce autre chose là le le
métaphysicien vous écoutera très
volontiers mais ce n'est peut-être pas
la peine de remonter si haut je ne sais
pas si c'est la peine ou non de remonter
si haut en tout cas je ne suis pas du du
tout
métaphysicien je m'étais compé contenté
de poser des questions des questions un
peu naïves mais si vous voulez bien
peut-être qu'il serait utile de partir
de quelque chose de tout à fait concret
c'est-à-dire d'un poème et d'un poème de
Holderlin qui est l'un de ceux où
peut-être Holderlin a exprimé avec le
plus de profondeur et avec le plus de
mystère et d'évidence à la fois cette
idée d'une vie qui serait faite et qui
serait créée par le poème poème qui
serait chargé précisément de traduire
d'exprimer cette découverte d'un ordre
qui serait l'ordre de la fête par
opposition
à l'ordre du commun qui serait
précisément celui de l'habitude de
l'existence profane en société euh voué
à
l'utilité voici le texte dans la
traduction d'
d'armelgerne tout comme un jour de fête
afin de voir son champ le matin sort un
paysan quand de toute la nuit ardente
les éclairs n'ont cessé de tomber
rafraîchissant et que dans les lointain
raésonne encore le tonner le fleuve de
nouveau s'avance entre ses rives le sol
avec fraîcheur se fait tout verdoyant et
la pluie bienfaisante du ciel ruisselle
de la vigne
ettincelant debout dans la paix du
soleil sont les arbres de la
futé de même ainsi debout sous un temps
favorable sont ceux formés non par un
matre seul mais par la merveilleuse
l'omniprésente en son très dou
embrassement
la puissante la divinement belle
nature et c'est pourquoi dans ce temps
de l'année où elle semble dormir au ciel
ou dans les plantes ou les gens alors
send deuil aussi la face des poètes qui
semblent être
abandonnés pourtant toujours ils sont
pressentiment car elle aussi dans son
repos n'est que
pressentiment
or maintenant il fait jour j'ai patienté
et je l'ai vu venir oh que cette voyance
ce sanctuaire soit mon verbe celle en
effet cellemême qui est plus vieill que
les temps et par- deelà les dieux du
soir et de l'Orient
existent la nature à présent se réveille
au froissement des armes et du haut de
les TER au profond de l'abîme selon la
loi très immuable comme
autrefois surgit hors du chaos sacré
l'enthousiasme flamboie et se sent neuf
de toutes choses à nouveau le créateur
et tel pour l'homme un feu s'allume dans
son œil s'il entreprend quelques tâche
sublime tel de nouveau les signes
maintenant et les actes du monde font
s'allumer un feu dans l'âme des poètes
et tout ce qui s'était accompli
jusque-là pourtant à peine ressentie ne
vient que maintenant à l'évidence et
celle souriant qui nous avaiit travaillé
notre champ ainsi que des servantes
elles sont révélées les très vivantes
ces puissances des
dieux t'inquiéterais-tu d'elle leur
esprit souffle dans ce champ que le
soleil du jour et que la chaude terre
ont libéré et ces orages qui habitent
les airs et ces autres plus amplement
mûis au creux profond du temps de pire
augure et bien plus près de notre
intelligence qui vont errant entre le
ciel et la terre ou bien parmi les
peuples de l'esprit unanime ce sont les
pensées qui viennent s'achever et
trouveent le repos dans l'âme des poètes
ah qu'ell soit pronttes à le toucher
cette âme depuis longtemps en contact
avec l'infini et toute frémissante
encore du souvenir afin qu'incendié par
le rayon sacré elle accomplisse avec
bonheur ce fruit né dans l'amour œuvre
des dieux et de l'homme son hymne qui se
fait leur moins
réciproque ainsi tomba les poètes l'ont
dit sur le palais de Sémélé cette foudre
divine après son vœu de contempler le
dieu dans sa
splendeur lorsque cendre au sein de la
mort elle enfanta fruit de leorâ Bacus
le
sacré au feu du ciel dès lors ils
peuvent s'abreuver maintenant sans péril
les enfants de la la terre mais c'est à
nous pourtant sous les orages de Dieu
ô poète à nous qu'il appartient de se
dresser et tête nu c'est à nous de
saisir de notre propre main jusqu'au
rayon du père et de le tendre ainsi
receller dans le champ ce don du ciel de
l'offrir aux nations car c'est nous
entre tous qui sommes de cœur pur ainsi
que des enfants et nos mains ne sont
qu'innocence venu du père et pur
l'éclair ne le brûlera point bien
qu'ébranlé profondément souffrant en
compassion les souffrances d'un dieu ce
cœur en son
éternité qui pourtant reste
inébranlable et bien il y a beaucoup de
choses à dire à propos de ce poème c'est
à vous mon cher ami poète et philosophe
et qui est est réservé de dire les plus
importantes je ne diraiis peut-être pas
les plus lumineuses ce sont peut-être
les plus obscures je vais essayer et en
tout cas le lumineux et et l'obscur
s'implique l'un l'autre nous serons dans
le clair obscur dans l'ombre et la
lumière ce qui domine ce poème c'est
l'idée de nature et c'est en même temps
l'idée de
surnature la nature est pas par
elle-même si on écarte les voiles
précisément dont parlait et Berkson et
Chelle que je citais et dans son essence
sur nature par rapport à notre nature de
tous les jours et ce poème nous nous
ouvre ce que je pense horlin appellerait
ce l'extraordinaire ce qui est en dehors
de l'ordre l'atmosphère est une
atmosphère d'orage ou pour transférer
cela dans un autre domaine d'ivresse ou
dans un autre domaine encore d'amour et
c'est à partir de là que que s'ouvre et
le temps et l'espace et c'est pour cela
que l'idée de fête a une telle
importance parce que la fête c'est un
temps tout particulier dans un espace
consacré et cette fête nous ouvre le
plus lointain passé et l'avenir le temps
que
nous révèle Herlin dans ce poème c'est
d'une part un temps qui va vers sa
source vers son origine et l'on sait
l'importance que qu'à l'idée d'origine
est chez Herlin et chez Heidegger et
c'est un temps qui est présentiment et
c'est un temps qui est union entre les
deux dans le jour c'est-à-dire dans le
présent le présent uni quand il est le
présent du poète le plus loin t passé et
puis le pressti ent du plus lointain
avenir c'est naturel quand on a dit cela
de penser à Nietzsche et à son amour du
lointain puisque nietz s'inspirait aussi
de
huerlin vous avez parlé mon cher ami
d'un espace
consacré je ne sais pas si je seraai
tout à fait d'accord avec vous pas car
cet espace consacré peut-être
précisément donné comme toujours
consacré
simplement par le rituel et
l'application du sacrement mais l'on
peut parfaitement être dans un espace
consacré sans éprouver cet espace comme
consacré c'est-à-dire demeurer séparé de
cet ordre du sacré que le
sacramental le rit a pour objet
d'imposer à la nature
à la nature profane
ordinaire je crois que moi ce qui m'a
frappé dans ce poème de Holderlin c'est
l'idée de
miracle ce miracle réside dans
l'ouverture d'une sorte de
disposition qui
est permanente dans le poète mais qui
serait en quelque sorte
occulté pêché dans l'ordinaire de la vie
et il faut qu'un événement se produise
qui permette précisément au poète et à
l'homme en
général d'assister à l'ouverture de la
fête mais qui ouvre la fête par quel
phénomène justement sommes-nous
introduits dans la fête car la nature
dont il est question dans le poème c'est
précisément la nature tout ordinaire
mais il se trouve que cette toute
ordinaire et découverte nouvelle elle se
révèle nouvelle et cependant ce qui se
révèle en elle c'est la présence d'une
loi que huerlin appelle très
immuable très émuable cette loi très
émuable introduit l'ordre de la fête
dans le chaos sacré et chose étrange il
faut le flamboiement de l'enthousiasme
c'est-à-dire le chaos sacré pour que
l'on puisse
pressentir et voir dans sa réalité cette
loi très immuable c'est-à-dire cet ordre
or qu'est-ce que cet ordre je crois que
cet ordre c'est celui dans lequel se
conciliie ou se réconciliie les dieux et
l'homme et dans la première partie de
votre commentaire que j'ai peut-être
abusivement interrompu ce sont
précisément les dieux que vous aviez
écarté alors que il me semble que les
dieux s'imposent ici beaucoup plus que
l'idée de nature et de surnature la
nature est surnature c'est-à-dire que si
on la voit dans sa réalité selon
c'est-à-dire selon cet ordre de la loi
très immuable
présente dans le chaos sacré et qui ne
se révèle que par la participation à ce
chaos sacré cette loi très imuable c'est
la présence des dieux et c'est le fait
que la toute des dieux qui se manifeste
par la foudre n'est pas saisie à ce
moment-là par l'homme disons dans une
position
d'antagonisme de révolte mais dans une
position d'acceptation de connaissance
et
d'union je serais d'accord avec vous
avec cette réserve que je ne vois pas
cette dualité entre la nature et et les
dieux ou plutôt que je crois que la
nature est supérieure dans le poème de
lline au Dieu pour autant que je le
comprends la nature est est plus vieille
que tout les dieux sont présent en elle
en quelque sorte oui ce serait vrai si
l'on s'en tenait à la première partie du
poème il est très exacte que cette
notion d'une nature première plus
vieille que les temps et qui est par de
là les dieux du soir et de l'Orient
cette nature qui se réveille au
froissement des armes serait en effet la
réalité fondamentale originelle et ce
lointain dans le temps révolu est en
même temps le lointain dans le temps à
venir et dans le présent cependant à la
fin de son poème
Herlin fait allusion au père venu du
père et pur dit-il l'éclair ne le
brûlera à point qu'est-ce alors que
cette notion de père si ceon si ce n'est
celle du créateur de la nature même et
qui serait par conséquent antérieur à
lui à elle à moins que vous ne
considériez que créateur et créatur
c'est-à-dire créateur et nature sont
substantiellement confondus oui je je
pense que c'est cette dernière ban
l'alternative qui répond à la pensée de
Herlin mais je n'en suis pas sûr et je
pense en même temps à rimbaau je metle
Herlin rimbaau je m'offrais au soleil
dieu du feu je pense que Heidegger
trouve la révélation dans Herlin nous
nous pouvons la trouver dans baudelair
ou dans rimbau et que c'est la même
révélation parce que
Heidegger la pensée à l'idée très juste
peut-être que tous les grands
philosophes ont dit une seule et unique
chose et bien les grands poètes ont dit
une seule et unique chose et je puis
donc logiquement il logiquement la
trouver dans ro aussi bien que dans leur
livre oui on l' trouverit dans tout
poète dans tout poète qui se proposerait
précisément de donner dans sa poésie non
pas une petite chansonnette de
divertissement plus ou moins agréable
mais un poème qui fut effectivement
vision du monde et vision de l'homme qui
sefforce de se mettre en contact
à la fois avec le monde et en lui-même
avec l'être
même bien que l'idée d'être vous soit
une idée presque ennemie ainsi que vous
le rappeliez la semaine dernière à
propos de
heidger mais je n'ai pas le sentiment
que pour le moment nous avancions
beaucoup dans disons la description de
cet ordre de la fête qui serait l'ordre
de la poésie et et qui serait en
définitive dont la révélation dont la
transmission dont la mise en
communication avec nous serait l'objet
même de la poésie et de la philosophie
en définitive si comme vous le soutenez
ces deux démarches de l'esprit humain
sont beaucoup plus profondément
semblables qu'elles ne sont différentes
ou opposées
il y a là une difficulté une antinomie
et de ant toute idée très importante on
se trouve en face d'une antinamie c'est
que l'idée de fête implique l'idée du
temps ordinaire sur le fond duquel se
détache la fête or le poète nous
introduit dans le monde de d'une fête
qui devrait être fête perpétuelle mais
qui si elle était fête perpétuelle ça
serait d'être faite alors c'est à l'idée
c'est à certaines idées de yaspers qui
dit que le transcendant ne peut se
révéler que par des des antithèses et
des cercles vicieux c'est c'est ver yasp
que je me retourneraai la définition de
la poésie comme
faite nous amène à une sorte de
contradiction
elle nous amènerait à une sorte de
contradiction si en effet il y avait une
opposition rigoureuse entre la fête et
la non fête car en réalité la fait ne me
paraît pas du tout être pressenti par le
poète comme quelque chose qui disparaît
et qui reparaît c'est dans notre regard
qu'est la disparition c'est en nous que
se trouve précisément cette absence et
cette séparation en même temps que nous
devons savoir et c'est le propre même
des poètes de nous le révéler que cette
fête dont nous sommes provisoirement
exclus existe perpétuellement et même en
nous-même ce qu'il nous révèle de la
nature ou ce qu'il nous révèle du
contact que l'œil intérieur peut avoir
avec cette nature n'est pas du tout
quelque chose qui soit sujet à éclipse
c'est quelque chose qui est occulté par
quelque chose d'étranger à nous-même
mais notre
véritable existence le mode réel de
notre existence devrait être celui de la
fête
ou je n'ai rien à dire contre ce que
vous dites et c'est précisément ce vers
quoi je tendais et cela montre la
difficulté du langage il faut que nous
nous mettions et là nous retrouvons un
autre nom c'est celui de Nietzsche qui
parle d'une parfois d'une sobre ivresse
il faut que par l'ivresse nous nous
allions au de nous allions dans quelque
chose qui est au-delà de l'ivresse et de
la sobriété et que par l'idée de fête
nous allions vers une fête perpétuelle
qui ne s'appelle même plus fête nous
allons au-delà des noms
et mais parler non par parler non
puisque nous sommes dans le domaine de
la parole dans le domaine de la parole
et de la vision puisque la vi la poésie
je disais l'autre jour est vision du
monde mais elle est aussi parole du
monde et Heidegger insiste avec raison
avec une évidente raison sur ce point
c'est union de la parole et de la vision
en somme la parole douée de son pouvoir
le plus
grand nous introduirait dans un mode de
l'existence où la parole n'a plus cours
oui c'est-à-dire que la parole à son
plus haut période serait précisément ce
qui ni la parole ce qui l'a fait en
quelque sorte
basculer dans le silence oui la parole
nous oriente vers quelque chose qui est
au-delà c'est bien ce que je voulais
dire et ce que beaucoup d'autres ont dit
avant vous que la poésie tende au
silence mais je me demande mon cher ami
si certains de nos auditeurs malicieux
ne vont pas juger que précisément nous
avons agité beaucoup de paroles
pour aboutir au
rien vous venez d'entendre un entretien
avec le philosophe et poète Jean Val à
propos de Heidegger et
Holderlin
la Radiodiffusion Télévision française
vient de vous
présenter des idées et des hommes une
émission de Jean
[Musique]
Amrouche c'était des idées et des hommes
Paran rouche qui recevait Jean Val à
propos de Heidegger et
Herlin deux émissions diffusées la
première fois le 30 juin 1956 et 7
juillet
1956
More transcripts
Explore other videos transcribed with YouTLDR.

開箱我花5萬美金裝潢的Airbnb
Terry Chen 泰瑞 · English

You've Always Been Enough
Force Rise · English

أغنية بداية المقاتل النبيل - سبيستون 🎵 Spacetoon
Spacetoon · English

【隨便年薪千萬台幣?】揭秘加州軟體工程師每一個級別的薪水細節
Terry Chen 泰瑞 · English

DeFi vs CeFi
Terry Chen 泰瑞 · English

MARTIN HEIDEGGER : la philosophie de l'être et du temps | Histoire pour Dormir
Voyages Endormis · French

Peluang (Part 1) | Definisi Peluang, Komplemen Kejadian dan Frekuensi Harapan Matematika Kelas 12
m4th-lab · Indonesian

公開我被裁員前的年薪
Terry Chen 泰瑞 · English

科技業必備職場心理素質
Terry Chen 泰瑞 · English

Mengenal Fungsi dan Komponen Mesin Mobil
Dimas Kurniawan · Indonesian

VIAC & VACC | Ông Vũ Chu Hiền - Một số lưu ý trong soạn thảo và quản lý thực hiện hợp đồng xây dựng
Vietnam International Arbitration Centre (VIAC) · Vietnamese

為什麼比特幣沒有任何競爭對手?
Terry Chen 泰瑞 · English
Get the TLDR of any YouTube video
Transcribe, summarize, and repurpose videos in 125+ languages — free, no signup required.