VICTOR HUGO : Portrait souvenir [RTF, 1961]
[Musique]
e
hugo hélas répondait andré gide à
l'enquêteur qui lui demandait le nom du
plus grand poète français
je répondrai hugo dieu merci hugo et le
plus célèbre et le plus ignorée de nos
écrivains sur son visage la gloire est
un masque
il est moins à célébrer qu'à découvrir
et léon paul fargue disait de lui
excellemment voilà un poète d'avenir
tout est dans vos colonnes pardonne donc
mais silence mes lacunes
il est l'épopée le lyrisme la fantaisie
la cocasserie la satire il est le poète
protée il n'évoque guère ses
prédécesseurs mais il est fort peu de
ces grands successeur que selon la page
furtivement il n'annonce tandis qu'un
pas très aimé des muses qui n'a que la
peau et les os regarde les choses confus
dans le profond ciel plein d'oiseaux
est ce le verlaine des fêtes galantes
non c'est le hugo de la chanson des
ruses et des bois il est des jours de
brume et de lumière vague est ce un vers
de baudelaire dans spleen
non c'est un verre de hugo temps la
nymphe ivresse en leur criant dans vit
mal armé dans l'après midi d'un faune
ses ébats glorieux dds mouillé valérie
dans la jeune parque n'ont toujours eu
beau
la nuit est une illusion des étoiles la
nuit l ornière des étoiles la racine en
fente dans l'ombre une rose pour le
soleil ce sont des aphorismes de rené
char non ce sont des phrases de victor
hugo
si tout est dans le gault il y a
cependant une hiérarchie il y à des
profondeurs et des surfaces
je voudrais rappeler rapidement les
surfaces et m'attarder sur les
profondeurs
hugo est le seul de nos écrits 1re avoir
atteint au delà de la gloire littéraire
la popularité cette gloire en gros sous
dont parle le don salluste de ruy blas
le seul de nos écrivains à vivre
vraiment dans le coeur du peuple
il est le seul écrivain qui partagent
avec les dieux et les demi dieux de la
troisième république gambetta jules
ferry clemenceau l'omniprésence dans les
rues des villes et des villages de
france partout il y à une plaque à son
nom comme partout il y à un monument aux
morts le jour des obsèques nationales
avec le corbillard sous l'arc de
triomphe avec le testament légendaire je
donne 50 mille francs au pot je désire
être portée au cimetière dans leur
corbillard je refuse le raison de toutes
les églises
je demande une prière à toutes les armes
je crois en dieu ce jour est une date
dans l'histoire sentimentale de la
france contemporaine
pendant le siège on a donné son nom un
canon dont il a payé la fonte avec les
droits d'auteurs des châtiments
il y a des mouchoirs imprimé à son
effigie des élixirs d encre
des magasins à son nom en attendant les
billets de banque
connaît son visage de prophètes barbu de
grand prêtre de la religion républicaine
et la caricature tout le long de sa vie
a témoigné de sa popularité
la broche jean valjean sont loin des
personnages littéraires ils
appartiennent - à la fiction cas une
sorte de réalité légendaire vraiment
feuilleton de génie les misérables
deviendront et des le cinéma muet des à
plusieurs reprises film à épisodes
lorsque le tnp joue mary tudor
lorsque la comédie de l'est à l'idée de
monter mille francs de récompense il
retrouve tout de suite ce public ce
peuple qui le coeur battant ui le roman
feuilleton où je suis le film à épisodes
la tragédie aujourd'hui c'est la
politique a dit napoléon et bien la
popularité aussi hugo est le seul qui
ait fondé une part de son oeuvre
poétique sur la mémoire historique sur
la part publique de l'homme le mariage
de roland m rio l'aigle du casque le
cimetière des lots
la légende des siècles c'est la plus
belle imagerie d'epinal pour ce manuel
d'histoire du certificat d'études que
chaque citoyen français portant son
coeur
mais go n'est pas seulement historien il
est politique c'est à dire que après
avoir accueilli dans sa vie et dans son
oeuvre le reflet de tous les grands
événements du siècle il n'est au moment
où l' empire va succéder au consulat
l'année de mabri 2811 lui fait connaître
la rumeur de la gloire militaire
impériale puis l'éclat confortable de la
restauration d'or sa vie aux royalistes
pensionnés par louis xviii il assiste à
reims au sacre de charles 10 il est père
de louis philippe et il deviendra l'un
des familiers de louis philippe et bien
il va dépasser cette complicité passive
dans le sens d'un engagement courageux
et finalement profitable il a été un
homme d'ordre partisans de la monarchie
bourgeoise de louis philippe il soutient
en 1848 la candidature du prince louis
napoléon bonaparte il est élu député
conservateur en 1849
mais déjà il fait scandale par son
discours fameux sur la misère ils
parlent contre la loi falloux et il
tentera d'organiser et même physiquement
la résistance au coup d'état du 2
décembre
sur le rocher de l'exil à guernesey il
se dressera comme la statue de la
république proscrite mais assurée de
renaître
car à la différence du rocher de sainte
hélène le rocher de guernesey et regarde
vers l'avenir
personne n'attendra donc voit que
j'accorde en ce qui me concerne un
moment d'attention à la chose appelée
amnistie dans la situation à la france
protestation absolue inflexible
éternelle
voilà pour moi le devoir fidèle à
l'engagement que j'ai pris vis-à-vis de
ma conscience se partageraient jusqu'au
bout l'exil de la liberté quand la
liberté rentrera je rentrerai
politiquement hugo est un génère est
certainement un maladroit et les
professionnels se débarrasseront de lui
très aisément
il donnera sa démission de députés de
l'assemblée nationale le 8 mars 1871
mais le peuple voit en lui un guide et
il le lui prouve en l'acclamant garde
une heure le jour du retour de l'exil il
lui prouvant manifestants sous ses
fenêtres le 27 février 1880 lorsque le
vieux poète entre dans sa 80e année
grâce à cet engagement politique
grâce à l'imagerie d'epinal de la
légende des siècles grâce aux misérables
livre de charité comme l'a dit
baudelaire qui dénonce les enfers
sociaux prostitution pour la femme
prolétariat pour l'homme ignorance pour
l'enfant grâce à tout cela
hugo sera le dieu du catéchisme de
l'enseignement primaire
son éloquence magnifie les croyances
généreuse par lesquels la troisième
république a tenté de remplacer les
croyances religieuses amour de la
liberté volonté de justice fois dans un
progrès social obtenu conquis dans la
bienveillance foi dans la science est
celle là même des cosmonautes
qui est précisément prévu dans plein
ciel le poème de la légende des siècles
croyance en dieu mais en un dieu lumière
en un dieu raison c'est beaucoup c'est
beaucoup mais dans l'ordre de la
littérature cela ne suffit quand même
pas fonder la grandeur de victor hugo la
littérature en effet n'est pas destiné à
l'expression des sentiments civique ou
des souvenirs historiques la littérature
c'est le langage d'un homme plus discret
plus secrets et plus durable
d'où le dédain donc éprouve compte
éprouvé très souvent les littérateurs
les spécialistes de la littérature qui
ne voit dans hugo que cette première
image que je viens d'évoquer
n'importe du veau à toutes les gloires
de rechange que l'on peut souhaiter
il est aussi le théoricien et le
représentant le plus brillant d'un
mouvement précisément littéraire qui est
le mouvement romantique la préface des
contemplations dit que le recueil
constitue ce que hugo appelle les
mémoires d'une âme et biens de l'oeuvre
tout entière on peut dire qu'elle est au
moins partiellement ou plutôt bribe par
bribe les mémoires d'une âme l'oeuvre
toute entière nous permet de recueillir
les images qui jalonnent la biographie
du moins subjectif les poèmes où il
évoque sa naissance à besançon ce siècle
avait deux ans les souvenirs de
l'espagne le jardin des feuillantines
ses poèmes bien entendu sont dans toutes
les mémoires
mais ici ce qui est remarquable c'est
que les références à l'enfance ne joue
pas du tout le rôle qu'elles joueront
dans la poésie de baudelaire ou dans la
poésie des symbolistes en général la
poésie du go est tourné vers l'aide
la vie dont se souvient sa poésie c'est
essentiellement l'expérience adultes
quand le projet et l'expérience se
rejoignent l'adolescent s'y tient une
beaucoup plus grande place que l'enfance
l'amour du jeune homme l'amour du jeune
homme vierge pour celle qui sera sa
femme adèle foucher et qu'il épousera en
1822 et transposé nous le savons dans en
dise landes mais c'est juliette drouet
juliette drouet et qui deviendra sa
maîtresse en 1833 qui le rejoindra dans
son exil et qui ne mourra qu'un an avant
lui c'est juliette drouet qui inspirera
le plus grand nombre de pages juliette
drouet
c'est la causette des misérables et
c'est elle dont le souvenir dans
l'illustré stèle d'olympio est opposée à
la fuite du temps à l'oubli de la nature
est chargé d'immortalité toutes les
patients s'éloigne très classe l'une en
portant son mas mais l'autre son couteau
comme un essaim chantant d'histrion en
voyage dont le groupe décroît derrière
le coton mais toi rien le fait face à
vous toi qui nous charme
toi qui torchent soufflant vaut lui dans
notre brouillard tu nous tiens par la
joie et surtout parler la jeune homme
automne nous dit on t'adore vieillards
dans ces jours où la tête ou poids des
ans s'inclinent où l'homme sans projet
sans but sans vision sans qu'il n'ait
déjà plus qu'une tombe en ruine où
gisent ses vertus et ses illusions quand
notre amour est vantée sens dans nos
entrailles comptant dans notre coeur
qu'enfin la glace atteint comme on
compte les morts sur un champ de
bataille jacques douleur tomber et
chaque
j'éteins comme quelqu'un qui cherche en
tenant une lampe loin des objets réels
loin du monde rit hier elle arrive à
alan par une obscure ans jusqu'au fond
des zones et du gouffre a d'ailleurs est
là dans cette nuit qu aucun rayon en
étoile l'âme en un repli sont ou qui
semble finir sans quelque chose encore
alpiq est ce un voile c'est toi qui dort
dans l'eau au sacré si vous dans la
salle à manger de hauteville house au
dos du fauteuil plus imposant que les
autres qu'ils occupent
il a fait broder en lettres gigantesques
le mot mater les sentiments du père les
sentiments du grand-père tiennent une
place importante dans l'oeuvre comme
dans la vie sentiment de bonheur de
fierté de la paternité mais sentiment
surtout de désespoir le désespoir qui
l'accablent après la mort de léopoldine
à villequier en 1843 désespoir qui
inspire l'éloquente interpellation à
dieu que nous connaissons tous et qui
inspire aussi les strophes plus simple
est à mon avis beaucoup plus poignante
où palpite blessés le souvenir du
bonheur le soir auprès de ma bougie et
le jaser à petit bruit tandis qu'à la
vitre rougir des les papillons de nuit
toutes ces choses sont passées comme
l'ont pris comme
que te sert aux priam d'avoir vécu si
vieux ce ver de toute la lyre dit la
tristesse de l'homme sur qui les deuils
ne cessent de s'abattre folie de son
frère eugène mort de léopoldine mort du
petit jorge le premier petit fils mort
de madame hugo mort de charles hugo un
père ne m'en de sa fille adèle mort de
françois victor hugo
le survivant solitaire vit dans la
familiarité de la mort et cette intimité
cette intimité nocturne parle dont
quelques-uns de ses plus hauts
poèmes par exemple dans paroles sur la
dune comme le souvenir est voisin du
remords comme à pleurer tout nous ramène
et que de sang-froid dans touchant aux
maures noirs verrou de la porte une
haine et je pense écoutant gémir le vent
à mai et londeau please infranchissable
letteri et l'on voit sur le bord de la
mer
fleurir le chardon bleu dessin la même
année 1854
il écrit les strophes mystérieuse où il
se compare à un escalier l'escalier
ténèbres ou l'ehpad lammer ne cesse de
monter et de descendre je suis fait
d'ombré de marbre comme les pieds noirs
de l'arbre je m'enfonce dans la nuit
j'écoute je suis sous terre d'en bas je
dise automne est à temps ne fait pas de
bruit mois qu'on nomme le poète jeu spi
dans la nuit muette l'escalier
mystérieux je suis l'escalier ténèbres
de mai spirale funèbres londres
procès ben monsieur laissé la clé et le
pen je suis l'escalier la peine mais dit
leur viendra quelques uns quand tour les
on montrera mais marchessault et
quelqu'un les descendre
le 2 novembre 1872 le jour des morts la
disparition de son ami théophile gautier
lui inspire le champ le plus solennel le
plus splendides man le plus sobrement
rayonnant et qui peut-être et jamais
montée vers la mort
hamish sens du sort la sombre plénitude
j'ai commencé la mort part de la
solitude je vois mon profond ce soir
vaguement ses toiles et voici l'heure où
je vais aussi loi m'en aller mon fils
trop l'on frissonne et touchent presque
oblet le vent qui tend porta doucement
me soulève et je vais suivre ceux qui
m'aiment et moi
banier l'heureux il fixe mathy au fond
de l'infini jco ne fermait pas la porte
à finir et la poésie de hugo n'est pas
seulement comme les autres poésie
romantique un lyrisme éclatant elle est
une interrogation
opiniâtre insistante d'un univers
mystère elle est une ouverture elle est
un abandon à l'univers comme présence
est comme secret cette inspiration
cosmique
elle a toujours était latente chez hugo
bien entendu nous la retrouvons ont très
tôt dans des poèmes comme la pente de la
rêverie où comme dans le poème dédié à
albert durèrent mais avant 1850 la
dimension disons visionnaire et
certainement beaucoup moins sensible que
la dimension épique où que la dimension
lyrique c'est entre 1850 et 1860 dit
qu'il écrira tout ce qui fait de son
oeuvre
un monument véritablement uniques et
insolites achevant sans doute ce qui
appartient à une lancée intérieur
le roman des misérables
l'épopée de la légende des chèques mais
surtout ouvrant ce qui était fermée où
ce qui n'était contre bayer l'espace sur
naturaliste il utilise l'expression que
l'on trouve aussi on le sait chez nerval
l'espace sur naturaliste dont relève le
william shakespeare dieu la fin de satan
temps de poèmes qui prendront place dans
les 82 l'esprit et dans toute la lire
les travailleurs de la mer et bien
entendu les dessins les dessins qui sont
tellement représentatif de la dimension
la plus profonde de hugo 18 150 1870 ce
sont les 20 ans de l'exil
sans doute ces années correspondent à un
approfondissement intérieur et à un
perfectionnement technique qui peuvent
apparaître comme naturellement apporté
par la maturité par l'âge mais cette
maturation se serait elle produite si
vous avez continue à vivre à paris dans
le tumulte du divertissement dans les
honneurs je ne crois pas car quand il
retrouvera ce tumulte ces honneurs il a
encore devant lui plus de dix ans à
vivre qu'en fera-t-il à peu près rien
l'exil est une patrie
oui l'exil fut la patrie de son génie ce
n'est pas de sa vie peut hugo attirer
son génie c'est du vide de sa vie et il
en eût conscience s'ils refusent
l'aministie proposé par napoléon iii en
1859
c'est sans doute parce qu'il ne veut pas
détruire sa statut de héros de la
république
mais c'est aussi je dirais c'est surtout
parce qu'il n'a pas fini d'édifier sa
statue décrire libre des conventions des
préoccupations sociales
le voici face à face avec le mystère de
l'univers
avec la rumeur de l'océan avec le
rayonnement du ciel nocturne qui cessent
d'être des thèmes poétique un simple
décor pour le drame humain et qui sont
vraiment devenus les seules présences
les seuls interlocuteurs familier la
bouche d'ombré qui l'interrogent inverse
célèbre d'autres espèces d'olympio dit
des choses de la nature quels sont les
films mystérieux où nos coeurs sont liés
inverse moins connus du dernier texte de
la légende des siècles abymes et créé en
1853 les appels ces choses de la nature
miroir profond ouvert à l'universel et
bien
telle est la différence entre une vision
lyrique et une vision cosmique
les choses ne nous renvoie plus notre
image elles ne sont plus le rappel de
notre bonheur ou de notre tristesse
hugo est un homme qui regarde le monde
du web a bird une acuité visuelle tout à
fait exceptionnelle dont témoignent les
prouesses optique qu'il a rapporté lui
même peut être avec elle complaisance et
qu'il accomplit souvent du haut des
tours de notre-dame ou du haut des tours
de la cathédrale d'anvers sur cette
acuité se greffe une sorte de religion
une sorte de mythologie du ragga le
regard c'est le feu c'est la pointe de
la connaissance
si la connaissance et regard c'est que
la réalité regardable c'est à dire
qu'elle appartient à l'ordre du visible
lettre et il parce que la vue et se
demande hugo la perception est la preuve
du réel mais le réel ne se donne pas
totalement est immédiatement à la
perception fait pour être vu
pourtant il se dérobe est fait pour
contempler le regard pourtant doit être
d'abord un et peur une exhortation
à voir il n'est pas de brouillard comme
il n'est point d'algèbre qui résiste au
fond des nombreux et les cieux à la
fixité calme et profonde des yeux il y a
donc une histoire du regard et la poésie
de victor hugo pour l'essentiel c'est
cette histoire il y a d'abord le vu ce
que l'on voit immédiatement un recueil
comme choses vues nous apparaît comme le
modèle du grand style d'un reportage et
certaines pages des travailleurs de la
mer sont vraiment le modèle d'une
écriture cinématographique
la phrase n'étant que le montage des
images saisies voici l'oeil de la caméra
qui se fixe sur guernesey
granit au sud sable au nord ici des
escarpements la d2
un plan incliné de prairies avec des
ondulations de collines les des reliefs
de ross pour frange à ce tapis vert
français de plis légumes de l'océan le
long de la côte des batteries rasante
détour à meurtrière de distance en
distance sur toute la plage basse un
parapet massif coupé de créneaux et
d'escaliers que le sable envahi et
kathak le flou unica siégeant à craindre
souvent des maisons noir goudronnée à
l'ouest à cause des pluies coqs poules
fumier partout des murs cyclopéen
des fermes encadrement de fêter les
champs muret hauteur d'appui avec des
cordons de pierres sèches dessinant sur
les plaines à un pistard échiquier
parfois dans le lieu le plus sauvage
un petit bâtiment neuf surmonté d'une
cloche qui est une école deux ou trois
ruisseaux dans des fonds de près or mais
chez un lys fait exprès qui n'est que la
moelle à guernesey
pourtant chez hugo nous voyons moins les
apparences que nous n'entendons une voix
qui témoignent de ce qui existe derrière
les apparences de ce monde contempler de
ce monde
éblouissant s'élève vainqueur insistant
confus tantôt gémissements tantôt furent
le mans hugo écoute mais cette écoute
est en même temps la tente d'un regard
prêt à bondir car il semble que cette
voie 10 le désir 10 l'effort des choses
de tourner vers le soleil de notre
regard leurs faces dérobés
si le monde se plaint c'est de la gangue
ténébreuse qui le tient ses de
l'invisible dont s'appesantit sur lui
lacère cruel dans l'une des plus belles
pages de la légende des siècles le
satyre et cris qui date de 1859 le
satyre qui représente l'homme dans ce
qu'il a de lucidité aussi d'infirmité le
satyre dévoile odieux qui eux ne
perçoivent que la splendeur du monde
l'univers apaisé content mélodieux ce
revers ténébreux de la création que
dissimule son envers de clarté le satyre
chantal à terre monstrueuse l'eau
perfide sur mer dans les champs
tortueuse sembla dans son prélude
errerait comme à travers les sables et
graviers l'air et les roses ouvert puis
gilles diehl ans et en qui font couvert
de base puis la terre
lugubre avec toutes ces cas sont dessous
est effrayant c'est trop
c'est entonnoir où l'ombre ce fait on
ouvrons des fleuve noir ou le volcan
noyé sous d'affreux lac regrette la
montagne sont à ce qu'est le veut son
[ __ ] est toujours distingue au fond des
gouffres aux inouïe les faisant faire et
un des dieux évanoui il dit la scène il
dit la vaste plénitude de la nuit du
sinon c'est de la solitude le
franchement pensif du sourcil desrochers
sorte de mère ayant les oiseaux pour nos
chais pour algues depuis son la mousse
pour réponse la végétation aux mille
têtes saut mais qu'importe à la terre au
chaos continue elle fait son travail
d'accouchement sans fin est là pour
nourrissons l'universel fin c'est vers
son sacre en bas les racines salon les
arbres sont autant de mâchoire qui ronge
les éléments épars dans l'air sous les
vivants pour leurs épaules la nuit la
mort
la pourriture voilà roose il y va porter
sa nourriture l'air peu vorace broutent
au fond des voix tout fait à toute heure
on entend le craquement confus des
choses cela dans des plantes vous va
peut-être au loin de tout par
l'immensité champêtre l'arbre transforme
tout dans son puissant progrès il faut
lui ça il faut de l'argile et du grès
ils en font tous lentisque il en faudra
lieuse il en faut à la rose et la terre
joyeuse regard de la grève en mina
angers le satyre semblait dans la bible
changé il paie ni l'arbre vu du côté des
racines le combat souterrain des plantes
assassine l'antre que le feu voix qui
ignore le rayon l'ovaire ténébreux de la
création comment filtre la source et
flambe le cratère il avait l'air suivant
l'esprit sous la terre il semblait et
plérin magique alphabet on eût dit que
ça chez invisible trompait il priait on
voyait s'échapper de sa bouche son rêve
avec un bridel vague et farouche les
fonds restons le lieu lugubre la terreur
noir y résistent même où matin
ce d'horreur les arbres tienne l'ombre
enchaîné alors tiges derrière le réseau
ténébreux des vertiges l'eau
si comme le dit la bouche d'ombré tout
est plein d'âme cette consanguinité
entre l'homme et l'univers né
rassurantes ne apaisante que dans
l'expérience du lyrisme superficielle
arbres de la forêt vous connaissez mon
art pour le visionnaire
cette animation du monde et source dépôt
vente car ce sont des cris de torturer
ce sont des plaintes de captifs qui
s'échappe du monde
le monde souterrain où les choses
plongent leurs racines
c'est un monde du mal parce qu'il est
comme d'ailleurs celui de la société
humaine une jungle où l'effort dévore
les faibles ainsi que viennent d'en
témoigner
les paroles du satyre mais ce n'est pas
seulement le monde végétal qui est la
proie de ce mouvement de cette guerre de
ce massacre
dans ce ciel dont la familiarité atténue
pour nous la présence incompréhensible
il est effrayant de penser que de
nouvelles va
des toiles sont peut-être en train de se
former les firmaments sont plaints de la
sève vivante comme les animaux l'arbre
prodigieux croiser agrandi transforme
mails aux cieux profond comme une gerbe
énorme
cet aîné brûlures hamon peut-être en ce
moment du fonds des nuits funèbres
montant vers nous gonflant ses vagues de
ténèbres et ses flots de rayon le muguet
d'infini sombre mère ignorer roule vers
notre ciel une grande marée de
constellation
la violence la malfaisance du chaos est
toujours en éveil comme le feu dans le
volcan mais ses éruptions destructrice
ne sont elles pas vous est elle même à
la disparition la mère n'était elle pas
le dernier non du mal
la mort qui parle dans les strophes
extraordinaire de l'épopée du verre je
suis dans l'enfant mort non la menthe
quitter dans le veuvage prompt dari dans
la tête et dans tous les noirs oublie je
suis le roi muret j'habite le décombres
j'abrège les rayons la comète est un
monde éventrées dans les ombres qui se
traîne les 100 de ses entrailles sont sa
lumière tombait c'est pourquoi la nature
que voit le visionnaire est une nature
meurtri sanglantes comme assassiné on a
peur quand l'aube qui s'éveille fait une
plaie au bas des cieux rouge et vert
mais on a peur
quand la bise et pensons long frisson on
a peur quand on voit vague à fleurs
d'horizon montrant dans l'étendue au
crépuscule ouverte son dos mystérieux
d'or et de nacre verte rampe et le
scarabée effroyable du soir avec leurs
yeux crevés
avec leurs yeux aveuglés par la glaise
ténébreuse les choses tente de voir
l'invisible qui les étreint mais
l'invisible leur échapper il échappe
également regard humain et le pire c'est
se tâte mende aveugle de la création et
des créatures avec ce regard halluciné
qui est celui de tant de photographies
de guernesey
le poète s'éveille dans la nuit touché
par l'insaisissable fantôme on assure ce
qu'on garde encore de forme humaine
d'obscurs attouchements et des passages
froid tout londres n'est plus qu'une
suite d'effroi en sang les loups frais
sont des roseaux de la bile mais de même
que les choses tente d'échapper à leur
gangue nocturne en s'efforçant de la
voir le poète tente de découvrir
l'invisible et rien n'est plus
extraordinaire que cet effort de hugo
pour imaginer la structure visuels de
l'invisible pour déchiffrer la géométrie
des ténèbres
quand ça tant dans sa chute voix 7 1
dans le dernier astres le dernier jet de
soufre découpant trop loin mille formes
funèbres énorme illumina jusqu'au fond
des ténèbres les porsche monstrueux de
l'infini profond les angles que la nuit
et l'immensité fonds apparu dieu le
grand poème posthume c'est le nom de
cette tentative du regard humain pour
accéder à l'invisible endormi le poète a
une vision il est emporté hors de la
terre hors du temps hors des événements
humains et au delà des formes
symboliques qui viennent vers
lui et qui représentent les différentes
religions c'est à dire les différents
visages de l'inconnu de la chauve souris
de l'athéisme à l'ange du rationalisme
en passant par le vautour du paganisme
et par le griffon de chrétiens au delà
de ses formes le poète convoite l'ultime
secret qui est dieu et sévère admirable
évoque l'évanouissement à soi même de
celui et qui est sur le point d'entrer
vivant dans l'absolu dans l'obscurité
sous impalpable inouïe je me retrouvais
seul et je n'étais plus moi ou du moins
dans ma tête ouverte aux vents d'effroi
je sentis sans pourtant que l'ombre et
le mystère russe place et le fils qui me
lie à la terre monte aussi entrer
presqu'au dernier repli comme une crue
étrangers terrible oubli
je sentis dans la forme obscures pour
moi même que je suis et qui brume air
dans le problème presque s'évanouir tout
l'être antérieur si bien que le fantôme
et l'effrayant rieurs et tous les êtres
noir sorti du gouffre énorme n'était
plus un nuage en ma mémoire informe et
que mon souvenir en un instant perdit
tout ce que légion par 100 voix m'avait
dit n de ma vie avait encore l'idée est
ce que jusqu alors l'art voluher guider
j'avais nommé mon art était je ne sais
quoi dont je n'étais plus sûr et qui
flottent et rendre il ne reste deux mois
qu'une soif de connaître une aspiration
vers ce qui pourrait être une bouche
voulant boire un peu d'eau qui fuit
fût-ce au creux de la main fatale de la
nuit
mais au moment de toucher l'absolu le
poète rêve qu'il meure et il s'éveille
interrogeant un peu ce mythe est bien ce
mythe nous dit que l'absolu ne peut
apparaître au regard humain le plus
pénétrants que comme ces architectures
de ville que l'on aperçoit dans le
lointain les murs de la ville sont
infranchissables pour le vivant toute
vie et ses sites et demi ces cités parce
que la vie est engagé dans le mal et le
mal c'est l'obscur l'obscurité ici ce
n'est pas seulement une limite pour
notre connaissance c'est quelque chose
de réel de substantielles c'est le mal
il faut donc le mal se dissipe pour que
s'accomplisse l'assomption lumineuse et
cette assomption se réalisera au terme
d'une marche au terme d'une histoire qui
est à la fois une histoire subjective
une histoire temporel est une histoire
métaphysique qui est à la fois marche de
l'homme vers la lumière par la mer
marche de la société vers la lumière par
le progrès et enfin marche de la
création vers la lumière par le pardon
de dieu
accordera finalement à satan et qui
signifiera la fin de satan ce monde
terrifiant et donc un monde soulevée par
un mouvement vers la lumière soulevée
par une certitude rédemptrice et
l'optimisme métaphysique je crois en
dieu
ainsi s'achève le testament de victor
hugo rejoint ici l'optimisme social que
hugo partage avec son époque mais il est
juste de retenir surtout de hugo ce
qu'il ne partage avec personne cette
voie que nous venons d'entendre
il est d'abord l'homme de la conscience
ouverte dilater submergé par l'horrible
et incompréhensible chaos il c'est
évoqué lui même le soir au crépuscule du
haut d'une falaise
al'approche refroidissant tu de la marée
qui montrent le et carys perdu dans tous
ses plis de l'obéissance ou francs oui
il est l'oeil égard est perdu dans tous
et please énigmatique que fait le monde
il s'est penché au bord de l'un
connaissable et jusqu à l'effleurement
de la folie il faut extra vague et cette
ouverture au soufre de l'inconnu est
nécessaire à la vie profonde de la la
respire volontiers l'air irrespirable et
il connaît le prix de cette ouverture
c'est empiètement sur l'ombre ne sont
pas sans danger
la rêverie à ces morts les fous on
rencontre c'est là des cadavres
d'intelligence c'est fouilleurs de l'âme
humaine sont des mineurs très exposés
des sinistres arrive dans ses
profondeurs
il y a des coups de feu grisou
si hugo manquait à notre littérature
il lui manquerait sans doute le poète
lyrique d'aviles qui est d'olympio le
pamphlétaire des chartes des châtiments
le chroniqueur de la légende nationale
le versificateur qui a mis le bonnet
rouge au vieux dictionnaire le
dramaturge qui avait cromwell ou avec
hernani à installer le mélange des
genres dans la disparition des unités
classiques mais qui ne sont qu il
manquerait surtout à notre littérature
cette voie de stupeur et de délire
car la littérature française est une
littérature humaniste et la poésie
moderne au fond ne l'est pas moins que
notre 17e siècle
si les images du monde nourrissent cette
poésie moderne
ces images ne sont le plus souvent que
les échos que les correspondances de nos
coeurs le monde est un décor pour
l'homme qui est la mesure de l'être
pour hugo c'est le monde qui impose à
l'homme sa démesure
d'autre part la littérature française
même dans ses formes poétiques les plus
inspirés les plus abandonnés est une
littérature concertée délibéré elle
travaille très subtilement pour obtenir
un charme un éblouissement une magie
hugo est le seul grand poète naïf le
seul grand poète
or littérature ce qu'il dit ce n'est pas
ce qu'il veut dire
c'est ce qu'il voit on me dira qu'il
n'ya pas de plus habile de plus
prestigieux virtuose que lui oui dans
les jeans ou dans l'aigle du casque mon
poing dans cet immense procès verbal de
la découverte cosmique dont nous venons
de voir quelques moments sans doute sa
technique est souveraine et mallarmé qui
s'y connaît dira d'hugo qu'il fut le
vert
personnellement mais il s'agit d'une
souveraineté naturel
il s'agit de l'identité presque parfaite
entre un outil prosodique et la
respiration spontanée d'un langage
trouvant toujours le sens comme l'eau le
niveau le mot ici est un signe expressif
et non point une ope de musique ou une
touche de couleur dont l'artiste peut
jouer en vue de produire un certain
effet à preuve la monotonie du langage
peu hugo bien entendu éviter pour peu
qu'il eut songer à jouer avec lui car
les vagues d'alexandrins déferle
inlassablement avec leurs mots aussi
monotone que l'arym ombre et sombre
terrible est horrible funèbres et
ténèbres sans souci de la redite car
hugo ne cherche pas l'expression
parfaite qui annulerait toutes les
autres il crie chaque fois qu'il a
besoin de créer lui qui encombrent tout
le siècle qui porte les couleurs de tous
les évènements du siècle artistique et
politique lui le plus grand recteur
comme on le prétend de notre littérature
il fut le seul à donner une voix à
l'étonnement oublier à l'étonnement
élémentaires de l'homme qui s'éveille au
prodige du monde
[Musique]
et
oui
1
et
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