PAIX OU FRAGILITÉ : ce que cache l’accord IRAN‑USA
Les États-Unis et l'Iran sont parvenus à
un accord la nuit dernière. Celui-ci a
été signé électroniquement avant une
signature formelle a priori en Suisse
vendredi prochain. Depuis cette annonce,
de nombreuses déclarations diplomatiques
ont fait part de leur soulagement à
travers le monde et le contenu de
l'accord qui n'est pas public est
divulgué depuis ce matin sous la forme
de fuites organisées par des
responsables américains et par l'agence
de presse iranienne d'État. farce reste
que de nombreuses zones d'ombre
subsistent et des désaccords
apparaissent notamment sur le futur du
contrôle du D3 d'Ormous devenu l'enjeu
stratégique principal et immédiat de
cette guerre déclenchée en février.
Autre élément d'incertitude, la capacité
des États-Unis et de l'Iran à faire
respecter le cesser le feu alors
qu'Israël a déclaré vouloir maintenir
ses positions au Liban où elle affronte
le esbola. Alors, quelles sont les
conditions de la paix annoncé ? Peut-on
parler de victoire diplomatique de
l'Iran d'une défaite stratégique des
États-Unis qui profite de cet accord
Israël ? Va-t-il en accepter les
conditions ? Voici quelques-unes des
questions que nous poserons à nos deux
invités de ce soir. Éloïse Faillet,
bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes chercheuse à l'Ifri,
spécialiste des questions nucléaires et
de la politique étrangère de l'Iran. Et
à votre côté, à votre vis-à-vis se
trouve Florian Louis. Bonsoir.
Bonsoir.
Vous êtes quant à vous historien,
spécialiste des relations
internationales et membre de la
rédaction. du grand continent. Merci à
vous deux d'avoir accepté notre
invitation. Nous sommes ensemble et en
direct jusqu'à 19h.
Aujourd'hui, le monde a fait un pas
historique vers la paix. Après les
ténèbres de la guerre, le soleil de la
paix s'est levé. L'Iran et les
États-Unis ont par la grâce de Dieu
annoncé la cessation immédiate et
définitive des opérations militaires sur
tous les front y compris Olibo.
C'est une très bonne nouvelle et nous
croisons les doigts pour que cet accord
soit signé vendredi parce que tout le
monde a besoin que le D3 d'Ormous soit
ouvert et en fait que cette guerre
s'arrête. Donc c'est vraiment bienvenu
et nous espérons que cela durera.
La Chine se félicite que les États-Unis
et l'Iran soient parvenus à un accord et
se tient prête à coopérer avec la
communauté internationale pour continuer
à jouer un rôle constructif en vue de
rétablir dès que possible la paix et la
stabilité dans la région du Golfe au
Moyen-Orient.
Voilà pour les voies de Chefbas Sharif,
premier ministre pakistanais, Kajakala,
chef de la diplomatie de l'Union
européenne et l'indian, porte-parole du
ministère chinois des affaires
étrangères. Florient Louis, est-ce que
la guerre est finie entre les États-Unis
et l'Iran ?
Dur à dire. En tout cas, ça dépend de
quelle guerre on parle en fait parce que
les États-Unis et l'Iran, ils sont en
guerre, ils sont en froid, ils sont en
hostilité depuis 1979. Là, l'accord dont
on est en train de parler, au mieux, il
refermera une parenthèse très courte de
cette longue histoire qui s'est ouvert
en février. Mais les deux les deux pays
resteront malgré tout dans une relation
hostile avec sans doute d'autres accès
de fièvre qui finiront par arriver tôt
ou tard. et et rien ne dit que ce ne
soit pas très tôt parce que il y a
tellement, on va en parler aujourd'hui,
d'incertitude qui planent autour de cet
accord à commencer par le fait qu'il
soit vraiment signé d'ici la fin de la
semaine que le pire est enfin tout est
possible y compris le pire.
Louise Faillet, pourquoi maintenant
pourquoi l'accord est signé maintenant ?
Est-ce qu'on on a des raisons de de des
compréhensions des éléments d'analyse
là-dessus ? Alors déjà, ça fait quand
même plusieurs semaines euh que l'Iran
et les et les États-Unis négociait
effectivement sur un accord que j'ai
tendance à qualifier effectivement
d'accord intérière euh voire de memorand
of of understanding qui est le terme
anglais employé employé par les
États-Unis avec des tentatives de
médiation successivement par la Chine,
le Pakistan. Là, il semblerait que ce
soit le Pakistan qui a joué un rôle
déterminant dans l'accord parce que
justement, on va en reparler, il y avait
quand même énormément de points
bloquants en fait à négocier et donc
c'est ce genre de choses prennent du
temps. D'autant plus qu'en fait là, il y
a encore d'autres points qui doivent
être doivent être traités et c'est pour
ça que ce MOIU ouvre en fait une
nouvelle période de 60 jours pour de
nouvelles négociations notamment sur le
nucléaire et surtout la levée des
sanctions. Alors on on va effectivement
en parler des éléments malgré malgré
tout sont déjà sortis. L'un d'entre eux
qui a l'air de concentrer euh
l'attention notamment américaine, c'est
euh l'ouverture du D3 euh Dormouse. Je
ce n'est pas le genre de la maison, mais
je vous propose si vous voulez bien de
faire un commentaire de texte de cette
publication de Donald Trump sur son
réseau social. L'accord avec la
République islamique d'Iran est
désormais réglé, écrit-il.
Félicitations. Par la présente,
j'autorise pleinement l'ouverture sans
péage du D3 d'Ormous et simultanément,
j'autorise la levée immédiate du blocus
naval américain. Navire du monde entier,
mettez vos moteurs en marche que le
pétrole coule à flot. Un commentaire
s'il vous plaît Fran Louis et puis
Eloïse Fayet.
On voit effectivement l'oubrice qui est
celle de Donald Trump he qui se prend
pour le le roi du monde qui donne des
autorisations ou qui interdit des
choses.
Est-ce qu'il a la capacité de décider de
l'ouverture du D3 ?
Évidemment non. Évidemment non, puisque
s'il en avait la capacité militaire
déjà, il l'aurait réouvert depuis
longtemps. Et on voit bien que
précisément s'il a été acculé finalement
à conclure cet accord un peu bancal qui
est en train de de se de se préparer,
c'est précisément parce que ce D3
d'ormous était comme un caillou dans sa
chaussure qui dont il n'arrivait pas à
se défaire et dont il a cherché à se
retirer le plus vite possible. Et et
comme on le voit bien déjà dire on
rouvre le des trormous très bien mais il
y a des mines qui ont été lâchées donc
il va falloir les enlever ce qui fait
que ça va forcément prendre du temps
coûter de l'argent qui va payer. Il
précise bien dans son message que les
navires circuleront sans péage mais on
peut faire payer les navires des choses
qu'on appelle pas péag mais qui
reviennent au même. Donc la question
c'est si cet accord entre en vigueur,
est-ce que mettons dans un mois les
navires circuleront exactement comme
avant notamment en terme de coût ou
est-ce que ils devront prendre d'autres
itinéraires, faire des escales
techniques payantes dans des
infrastructures iraniennes ou je ne sais
quoi ? Bon, le diable est dans les
détails et en l'occurrence, on peut
s'attendre au pire parce que Donald
Trump n'est pas vraiment en position de
force lorsqu'il signe cet accord. Et
donc sans doute que les Iraniens eux qui
sont finalement en position de force sur
cette question précise du D3 d'Ormous,
peut-être pas sur la le rapport de force
globale avec les États-Unis mais sur
cette question précise du D3 d'Ormous
vont fort naturellement chercher à en
tirer parti et notamment tirer un parti
sonnant et trébuchchant. Ils ont plus
que jamais besoin d'argent, ils ont là
une opportunité d'en récupérer. Il
serait naïf et un peu bête de ne pas en
profiter. Loï
Fet. Oui, on peut voir quand même le
côté assez comique voire ironique de la
chose. Nous rappelons que c'est quand
même Donald Trump euh avec Netianyaho
qui a lancé la nouvelle vague
d'hostilité donc à partir de février euh
du 28 février 2026 et que euh la plupart
en fait des experts américains en
contact avec l'administration de Trump
ont compris que il n'avaient absolument
pas anticipé justement le que l'Iran
allait bloquer le D3 d'Ormouse. Et c'est
ensuite les Américains eux-mêmes et
Trump l'explique dans son message qui
avait qui ont ordonné une sorte de
surblocus euh du D3 d'Ormous où en fait
les les Américains empêchaient les
navires de passer une fois que ceux-ci
avait en fait euh était d'accord avec
les conditions iraniennes et avait payé
en fait le passage le passage iranien.
C'est sûr qu'aujourd'hui Donald Trump
tout seul avec la US Navy ne peut pas en
fait rouvrir le D3 à lui seul. C'est un
tweet essentiellement essentiellement
performatif et c'est notamment pour cela
que des marines européennes notamment la
France et le Royaume-Uni œuvre en fait
depuis plusieurs semaines à un mécanisme
de coordination qui permettrait
d'escorter les navires commerciaux qui
le qu'il le demandent avec une
expérience qui a déjà été constatée par
exemple dans les des opérations Agord et
Aspidè donc déjà dans le golfe Persique
et puis et puis en mer rouge. Mais comme
le disait Floriant, c'est quelque chose
qui va prendre énormément de temps et on
peut douter en fait du fait que les
armateurs et les assurances soient
justement rassuré par ce simple message
en fait de Trump étant donné la présence
de batterie côtières iraniennes, de
mines de mines iraniennes et puis du
volume en fait de navires qui sont
encore bloqués dans la région. Et on
voit qu'il y a là aussi euh un débat euh
sur les mots euh pas de taxes de l'Iran,
mais alors l'Iran parle justement de
faire payer des frais de service. Euh et
Loï FA, à quoi ça correspond des frais
de services et quelle est la différence
? Parce que justement Emmanuel Macron
est intervenu là-dessus aujourd'hui euh
lors du G7 qui se tient en ce moment à
Évian où il a dit voilà, ils sont en
train de jouer sur les mots, il ne faut
pas faire payer, il faut ouvrir le D3.
Tout à fait. Alors, on peut faire là une
comparaison le canal de Suèze, même si
évidemment les le l'aspect en droit
international maritime est pas le même
étant donné que le canal de Suèse est
propriété de l'État égyptien, mais par
exemple, il n'est pas possible de passer
le canal de Suè sans présence de
navigateurs égyptiens à bord du bateau.
Donc, un service qui est facturé
évidemment au navire. On peut imaginer
peut-être un système similaire pour le
D3 d'Ormouse. On peut imaginer aussi une
escorte iranienne payante pour des
raisons environnementales par exemple.
C'est une piste qui avait été évoquée
par plusieurs experts à la fois à la
fois iraniens et américains ou tout
simplement une présence sécuritaire en
fait parce qu'on imagine peut-être que
la marine iranienne sait où sont placées
les fameuses mines qui sont là ou qui ne
sont pas là. Euh c'est toujours pas
c'est toujours pas extrêmement clair,
mais je pense qu'on peut malheureusement
faire confiance aux Iraniens pour être
extrêmement créatif euh en la en la
matière et essayer effectivement de de
tirer une manne financière en fait d'un
des trois qu'il contrôle euh entièrement
euh grâce en fait effectivement à
l'impréparation américaine.
Alors le régime iranien a insisté pour
que cet accord l'accord futur de paix
définitive soit sécurisé par le conseil
sécurité de l'ONU. C'est-à-dire que sera
le régime souhaite s'en ramener au droit
et à la communauté internationale.
Est-ce que ce serait légal du point de
vue du de du droit et de l'histoire des
des relations internationales de créer
des taxes comme ça sur sur un un D3,
pardonnez-moi ? Florient Louis ? Pour ce
qui concerne la circulation dans les
espaces maritimes, il y a la fameuse
conférence de Montégobé qui régule tout
ça et qui ne prévoit pas dans un des
trit du type de celui d'Ormous la
possibilité pour l'un des pays riverins
d'imposer un péage. La circulation tant
qu'elle n'est pas évidemment hostile et
doit être libre et donc ce serait
illégal du point de vue du droit
international. Maintenant le ce serait
pas les premiers à ne pas respecter le
droit international. Après, je pense que
il y a aussi bon des questions de
temporalité, mais il ne faudrait pas non
plus qu'il tue la poule aux si je veux
dire, parce que évidemment les armateurs
et les autres, enfin les les compagnies
euh et les pays producteurs, ils vont
quand même ils ont quand même déjà
commencé à se dire qu'il faut développer
des alternatives et je pense que même
s'il y a un accord de paix là, ils vont
continuer très très vite à chercher à
développer des alternatives notamment
via des oléoduc et des gazoduc pour
pouvoir évacuer les hydrocarbures et et
différentes productions de du golfe
persic autrement que par le D3
d'Ormouse. Donc si l'Iran joue trop avec
le feu, certes, peut-être dans un
premier temps, il pourra raquetter
finalement les les navires qui passent
là parce qu'ils n'auront pas d'autres
alternatives, mais il va accélérer la
mise en place d'alternative parce que il
faudra forcément en trouver et et plus
passer le D3 d'ormous coûtera cher à la
fois financièrement et même au sens, on
va dire métaphorique du terme, plus ça
va inciter à mettre les moyens, à mettre
le paquet si j'ose dire pour trouver des
alternatives. Il y en a déjà qui
existent, elles sont sous-dimensionnées,
mais ça peut aller relativement vite.
Enfin quel en une décennie, on peut
quand même si on y met les moyens
développer sans doute pas tout mais des
infrastructures en terme d'oléoduc
notamment qui permettrai de se
désengager de cette dépendance au D3
d'Ormouse.
On a vu hein Florient Louis que dans les
réactions internationales que ce soit
les réactions chinoises australiennes
que c'est encore le D3 d'Ormous continue
de concentrer comme si c'était à la fois
la principale conséquence de ce conflit
et en même temps le principal élément de
cet accord de paix ce qui est un peu un
serpent qui se mort la queue. Est-ce
qu'on peut espérer que cet accord et la
réouverture d'Ormous puisse stabiliser
l'économie mondiale, stabiliser les prix
du pétrole ?
Sans doute, en tout cas à court terme.
Mais le problème justement c'est que on
en vient à comme disait Loïse à célébrer
enfin à se réjouir et de fait on a
raison de ça mais ça c'est un problème
qui n'existait pas avant que Trump le
crée. Et le problème qui existait et qui
existe toujours, c'est notamment le
programme balistique, le programme
nucléaire iranien. Ça c'est quand même
le plus lourd problème pour la région et
pour le monde. Et sur ça a priori, on
aura aucune avancée vraiment concrète
dans cet accord. Donc finalement que de
temps perdu et et que de diversion qui
nous écartent du vrai sujet.
Alors justement, venons-y au vrai sujet.
Loï Faillet, quels sont les points que
l'on connaît aujourd'hui de cet accord
en dehors donc de ce des trois d'ormous
?
Alors aujourd'hui, il y a pas de version
publique de cet accord. vous l'avez
rappelé dans le lancement dans le
lancement de l'émission mais ce qu'on
sait effectivement c'est sur des points
en fait qui sont considérés comme on va
dire bloquant et chaud pour la région
voir l'ordre l'ordre international donc
il n'y a rien pour l'instant sur le
nucléaire et rien sur le balistique mais
comme je disais cela ouvre en fait un
temps de 60 jours pour des négociations
sur le programme nucléaire et balistique
iranien 60 jours c'est extrêmement
court. On se rappelle que il avait fallu
9 ans entre donc 2006 donc date
d'ouverture en fait des négociations sur
le nucléaire iranien et 2015 la fameux
accord de Vienne donc le le GISPOE avec
un accord intérimaire entre les deux
donc en 2000 en 2013 donc GCPOE dont
Donald Trump était sorti en 2018 et qui
a été l'un des premiers dominaux en fait
jetés qui à mon avis a conduit jusqu'à
la crise euh que l'on connaît
aujourd'hui et qui a débuté en réalité
en juin euh 2025. 5 avec les premières
frappes israéliennes sur le territoire
iranien avec la justification claire de
limiter voir de détruire partiellement
le programme nucléaire iranien. Donc en
60 jours en réalité il y a pas beaucoup
d'espoir d'arriver à un accord aussi
complet que l'était le GPOA. D'abord
parce que l'administration Trump 2 ne
connaît rien au nucléaire iranien et ils
n'ont pas d'experts en fait dans leur
dans leur délégation et que surtout en
fait on est dans une situation
extrêmement différente par rapport à
2015. Euh l'Iran n'a plus aucune
confiance envers les États-Unis, ni même
en la communauté internationale, à part
peut-être envers la Russie et vers la
Chine. Et rappelons justement que le
disp avait été signé par six États plus
l'Iran, donc les États-Unis, la Russie,
la Chine, la France, le Royaume-Uni et
l'Allemagne. Aujourd'hui, dans le
contexte actuel de la guerre en Ukraine
qui se poursuit des tensions
géopolitiques entre la Russie, la Chine
et les États-Unis, il est très
improbable de revoir une si belle photo
de famille avec six États plus l'Iran
qui avait réussi à trouver effectivement
une solution certes temporaire mais
efficace au au nucléairs. Avant cela, je
tiens à le préciser. Euh c'est pendant
les négociations entre les États-Unis et
l'Iran sur le nucléaire iranien qui a
été déclenché le conflit en février et
le 8 avril lorsque Donald Trump avait
annoncé un cessé le feu de 2 semaines
une rouverture complète et sûre et
immédiate du D3 Dormous, les
négociations finalement n'avaient pas pu
aboutir et on connaît la suite des
événements. Quels avaient été Floriant
Louis les arguments de Donald Trump en
2018 pour sortir du nucléaire iranien et
est-ce que aujourd'hui il est en train
de tendre vers une un petit 2015 s'il
fallait le l'appeler l'appeler ainsi ?
Donc la sortie, un des accords qui avait
été conclus pour euh encadrer et
résorber la crise nucléaire avec l'Iran,
Donald Trump, lui, dans son discours
officiel expliquait que ses accords,
loin de ralentir l'Iran, au contraire,
lui pavaient la voix parce que les
inspections n'étaient pas assez
crédibles et parce que les les la
pression n'était pas assez maintenue sur
ce pays. Dans les faits, tout le monde a
bien compris et lui-même l'a plus ou
moins dit à demi mots que ce qui le
gênait principalement dans cet accord,
c'est que c'était pas lui qui l'avait
fait et qui plusait. En plus, c'était
Barack Obama. Donc c'était une double
raison pour laquelle cet accord était
mauvais. De fait, si j'ai envie de dire
que au début, il y a il y a quelques
semaines, quelques mois, dans les
experts, on disait finalement tout ça
pour ça, on va en revenir au GCPOE, à
cet accord de 2015. Mais en fait là, on
va le chemin qu'on prend, c'est qu'on va
être à bien pire que ça. Donc c'est
c'est encore plus grave, si j'ose dire,
parce que à l'heure actuelle finalement,
on pourrait presque se réjouir si on en
arrivait à revenir à l'accord qu'on
avait conclu en 2015 qui était bien sûr
imparfait mais qui était bien meilleur
que ce qui semble se profiler
aujourd'hui. Donc du point de vue des
États-Udit quoi ? C'est un moratoire sur
l'enrichissement d'uranium. C'est pas
quelle destination par exemple des
fameux 440 kg d'uranium enrichi à 60 %
que sont ensevel sous les bombes comme
ce qui est différent enfin ce qui me
semble le plus important et c'est ce qu'
a très bien dit Éloïe à l'instant c'est
pas tant qu'est-ce qu'il va y avoir dans
le texte même si ce sera important que
la confiance qu'il y aura entre les
principes entre les signataires du texte
parce que un accord surtout sur des
questions comme nucléaires ça suppose
des contrôles et qui peuvent sont pas
forcément infaillibles et donc ça
suppose surtout de la confiance ça
suppose qu'on les signe avec un minimum
de sincérité bien sûr il y a toujours
des arrières-pensées. Mais là, le
problème c'est que la confiance pour les
raisons qu'on a expliqué étant à zéro,
même si on a un très beau texte entre
guillemets sur le papier, il y aura
beaucoup de gens qui seront sceptiques à
juste titre quant au fait que cet accord
sera réellement appliqué.
On a l'impression que Eloï Fille, il y a
énormément de points économiques dans
cet accord, des mesures économiques qui
concernent avant tout le désenclavement
de l'Iran. Pouvez-vous nous rappeler
quelles sont-elles ? Est-ce que l'Iran
est arrivé avec cet avantage de pouvoir
exiger du point de vue des États-Unis
qu'il desserrent les taux économiques
qu'il tenait autour d'eux ? Alors, c'est
vrai que en fait l'ouverture du enfin la
réouverture du marché iranien au monde
occidental qu'il avait pu connaître
justement entre 2015 et 2018 euh grâce
aux GCPO, euh c'est l'un des points
principaux portés euh par le
gouvernement iranien euh ne serait-ce
que pour éviter en fait la situation que
l'Iran a connu euh donc en en
décembre-janvier euh donc 2025-2026. On
se souvient des très importantes
manifestations qui étaient notamment
motivées en fait par la crise économique
extrêmement profonde que connaît l'Iran
depuis depuis plusieurs années. En plus
évidemment d'une répression euh d'une
répression sanguinaire euh par le par le
régime. L'Iran a quand même réussi, il
faut le se rappeler, à trouver un petit
peu des voies détournées, hein, de déjà
pour continuer à exporter à exporter son
pétrole également pour continuer à
commercer par exemple avec la Russie et
avec la Chine. Mais c'est certain que
oui, il cherche en fait à avoir un
nouveau accès à un marché beaucoup plus
à beaucoup plus large et puis surtout à
la levée des sanctions. Alors, on ne
sait pas de spécifiquement de quelle
sanction il s'agit. Est-ce que ce sont
les sanctions qui ont été réimposées
justement par Donald Trump en 2018 ?
Est-ce que ce sont aussi les sanctions
de l'ONU qui ont été spécifiquement
liées au nucléaire iranien qui ont été
réimposés à l'automne 2025 lorsque la
France, le Royaume-Uni, l'Allemagne
activé un mécanisme spécifique qui
s'appelle le le snapback. Donc ça fait
pas partie d'une sorte de package assez
large de de sanctions. Mais euh
paradoxalement en fait cette idée de
négociation contre lever des sanctions
notamment à des fins humanitaires parce
qu'en fait vous pouvez lever les
sanctions dans des domaines extrêmement
spécifiques par exemple pour que les
hôpitaux iraniens puissent refonctionner
ce genre de choses. Ça avait déjà été
proposé par l'administration Biden. À
l'époque, les Républicains évidemment
avaient complètement critiqué cette idée
en disant que ça n'allait que permettre
de maintenir le régime en place. Bon ben
maintenant, c'est Trump qui le propose
et bizarrement les Républicains sont
tout à fait d'accord avec ce que Trump
propose. Donc on revient effectivement à
cette idée que en fait là Trump, il va
proposer quelque chose qui est bien
moins bon que le GPOE parce qu'il n'a
pas la compétence technique pour le
faire aussi parce que le programme
nucléaire iranien est malheureusement
beaucoup plus avancé aujourd'hui en 2026
qu'en 2015 parce qu'ils ont eu à peu
près et bien 6 ans non 8 ans entre 2018
et 2026 pour voilà le retrait américain
est maintenant pour continuer
l'enrichissement pour construire des
des sites d'enrichissement de production
encore plus secret qu'auparavant. Il n'y
a pas eu d'inspection de l'Agence
internationale de l'énergie atomique
depuis juin 2025 et donc en fait
effectivement il va probablement se
glorifier d'avoir trouvé un accord mais
qui ne sera qu'un accord de papier.
Mais c'est assez impressionnant
lorsqu'on lit cette liste d'accords. Je
précise qu'elle a été publiée et mise en
ordre par le Grand Continent. Donc vous
faites partie de la rédaction Florient
Louis. mise en place d'un programme de
reconstruction et développement de
l'Iran de 300 milliards de dollars.
Les États-Unis débloqueraient 25
milliards de dollars de fonds iraniens
gelés dans les jours à venir. Est-ce que
ce n'est pas pour l'Iran aussi un moyen
de se réarmer pour un éventuel pour une
éventuelle reprise du conflit ?
Ça pourrait mais je pense que ce sera
surtout un moyen pour le régime de se
réarmer. C'estd qu'on a un régime qui à
genoux, le régime iranien et qui est un
régime d'ailleurs assez différent de
celui qu'on avait avant la guerre
puisque les têtes ont changé. C'est un
régime qui est moins pour le dire vite
cl issu de du clerger que désormais
vraiment des gardiens de la révolution.
Donc c'est un régime qui va nous qui va
nous falloir apprendre à connaître. On
décrypte et on le comprend encore assez
mal.
Les autorités américaines les décrivent
comme des pragmatiques vis-à-vis de de
des précédents tenants du régime.
Alors on verra. En tout cas, ce qui cet
argent, ils vont surtout en avoir besoin
pour reconstruire l'appareil d'État pour
calmer autant que faire ce peu peut la
population qui est dans un grand besoin
et qui donc on l'a vu en janvier et ça
reviendra forcément manifeste des
revendications légitimes. Donc voilà, je
pense que cet argent ils en ont
effectivement ils ont mis des questions
financières les Iraniens au cœur de ces
négociations parce qu'ils ont besoin
d'argent mais ils ont bien sûr besoin
d'argent pour assurer leur dissuasion
mais d'abord pour assurer leur
protection et peut-être leur dissuasion
vis-à-vis de leur propre population. Il
y a un un la question essentielle celle
du récit politique qui va être de ça. On
voit que Trump est en train de se
glorifier comme ayant été le grand
architecte de cet accord. On voit que du
côté iranien, il l'agence d'État Farce
présente cet accord comme une victoire.
Est-ce que on peut parler d'un point de
vue objectif d'une déroute d'une défaite
stratégique des États-Unis ? Eloï Fayer
? Alors, c'est compliqué de de parler de
défaites quand les objectifs américains
n'avaient jamais été extrêmement clairs
euh par rapport en fait aux à
l'offensive menée euh à partir de fin de
fin février 2026. Il y a eu un objectif
temporaire, on va dire, de changement de
régime qui lui a très clairement échoué
et on le sait, les bombardements aériens
seuls sans action au sol ne suffisent
pas à provoquer un changement de régime.
Donc ça pas été très surprenant en fait
que ce changement n'aboutisse pas, même
si là aussi en fait le récit américain a
bien été celui d'un changement de régime
étant donné que les têtes ont changé.
Sauf que comme on l'a dit, c'est des
têtes qui sont probablement pire que
celles qui étaient présentes avant. Et
en plus, ce sont des personnes avec
lesquelles on a moins l'habitude en fait
d'échanger euh en en en Occident. Sur le
fait de réduire la menace iranienne, la
menace militaire, c'est un objectif qui
a été partiellement atteint. Euh mais on
voit encore en fait l'Iran qui est
capable de faire en fait des frappes sur
des bases aériennes des bases
américaines au Moyen-Orient. Pareil
réseau en fait de proxy de milice au
Moyen-Orient continue à être assez assez
puissant
qui ne serait pas inclus dans cet accord
par ailleurs.
C'est impossible à inclure en fait dans
cet accord. Vous pouvez pas contraindre
en fait un état sur le plan du droit
international de l'empêcher en fait de
financer des groupes dans dans la
région. Vous pouvez le contraindre sur
son programme nucléaire notamment
vis-à-vis du traité de non
prolifération. Vous pouvez
éventuellement le contraindre sur son
programme balistique sur l'empêcher
effectivement de financer des groupes.
C'est quand même beaucoup plus complexe.
C'est impossible à surveiller à tracer.
Donc ça c'est quelque chose qui peut
très très difficilement euh être inclus
euh être inclus dans dans un accord.
Mais euh c'est certain que voilà, vu que
Trump est à l'origine euh de cette de
cette guerre, c'est logique, il en
revendique en fait une sorte de victoire
partielle du côté iranien. Là aussi,
c'est une victoire stratégique. Enfin,
en tout cas dans le en tout cas dans le
récit, vu que maintenant bah ils ont le
contrôle en fait du D3 du T3 d'Ormose,
ils ont réussi à résister, je reprends
là évidemment le vocabulaire iranien à
la fois aux États-Unis et Israël et en
fait à mon sens le perdant de l'histoire
effectivement alors que c'était eux à
l'origine à la fois de l'opération de de
juin 2025 et de mars 2026 et ben c'est
c'est Israël qui n'est pas du tout
satisfait hein de de l'accord et qui à
mon sens un peu malheureusement
l'électron libre dans la région avec Il
a aussi un Ubris extrêmement extrêmement
puissant qui je pense le peut le pousser
à prendre des décisions inconsidéré
voire escalatoire et ça on le voit
depuis octobre 2023.
Et Kazem Carry Babadi le le vice
ministre des affaires étrangères
iraniens a mis en avant à la télévision
d'État iranienne la fin immédiate et
définitive de la guerre y compris au
Liban. C'est là que vous vous soulignez
l'aspect israélien de l'affaire. Depuis
un drone israélien a fait un mort au
Liban Sud. Mais on voit bien que cette
question de l'inclusion du Liban dans
les négociation était un point essentiel
pour le régime iranien. Florient Louis,
c'est un point essentiel pour le régime
iranien. Mais de même, même si c'est pas
la même logique, que l'Iran ne peut pas
s'engager pour les actes du Esbola ou
des outils, de même les États-Unis
peuvent toujours prendre des engagement
au nom du gouvernement israélien. Mais
le gouvernement israélien est libre de
ses actions. Certes, les États-Unis ont
des moyens de faire pression sur lui,
mais si les Israéliens estiment qu'il y
a une menace existentielle pour leur
existence et pour leur état incarné par
l'Iran, ils n'hésiteront évidemment pas
à agir de la manière qu'ils estimeront
nécessaire avec la Val des États-Unis si
possible sans si ce n'est pas possible.
Et de ce point de vue-là, effectivement
la la position israélienne va être ce
qui va être très intéressant à observer
dans les mois à venir. Jeancerai un
petit peu d'ailleurs ce que disait
Louis, c'est-à-dire que je sais plus si
va employer exactement le mot de défaite
pour Israël mais en fait effectivement
ça se termine pas très bien cette
séquence pour Israël. Maintenant pour
Israël là encore, il faut remettre dans
le temps plus ou moins long. La séquence
elle commence en fait avec les attaques
du 7 octobre 2023. Et si on compare à la
situation d'Israël le 6 octobre 2023 à
celle d'aujourd'hui quand même, ils ont
très sérieusement affaibli le Hamas, le
Esbola. Ils ont fait s'effondrer le
régime de Bachar Elassad. J'en oublie
quelques-uns tellement il s'est passé
des choses en 2 ans. Donc certes, la
situation n'est pas optimale mais ils
sont quand même aujourd'hui plus forts,
plus dissuasifs, je pense à l'égard de
leurs adversaires régionaux qu'il ne
l'était avant le 7 octobre 2023. Donc la
partie est loin d'être gagnée pour eux.
C'est précisément le problème, c'est que
ça va repousser si on reprend les
métaphores qu'ils affectionnent dans les
milieux stratégiques israéliens d'aller
tondre la pelouse, tondre le gazon,
c'est-à-dire de faire des opérations
comme ça régulières dans le voisinage
pour éliminer les différentes menaces.
Aujourd'hui, malgré tout, ils ont quand
même bien dégagé le terrain. Ils ont
certes pas réussi, ils ont été au bord
finalement de faire tomber la pièce
maîtresse de cet axe de la résistance
qui s'opposait à eux. Ils n'y sont pas
parvenus. C'est évidemment pour eux un
vrai problème. D'autant plus
qu'effectivement si les États-Unis
veulent à tout prix avoir la paix, alors
ils vont les dissuader de de continuer
la pression au risque de voir l'Iran
redresser précisément la tête.
On a déjà des réactions en Israël
vis-à-vis de cet accord. Florient Louis.
Oui. J'ai lu qu'un certain nombre de
responsables, y compris, ont dit
précisément que eux ne se sentaient pas
engagés par cela et qu'ils
n'hésiteraient pas à continuer à frapper
là où ils estimaient être nécessaire de
le faire. Bon, il faut dire aussi que il
va y avoir des élections aux États-Unis
et en Israël et que des deux côtés ça
peut changer beaucoup de choses parce
que autant que la relation
israélo-américaine, ce qui est en jeu
là, c'est la relation Nethania
Trumpienne, si j'ose dire. Il suffit que
l'un des deux pions disparaisse de
l'échiquier ou que l'un ou les deux se
retrouvent affaiblis par les échéances
électorales à l'avenir et sans doute que
pas mal de choses pourraient changer.
Est-ce que de l'autre côté le Esbola va
euh on peut imaginer que le Esbola va
jouer le jeu ? plutôt dans son intérêt,
n'est-ce pas Louis Faet ?
Oui. Alors après, on voit quand même une
une reconstruction effectivement du
vestbola depuis quelques quelques mois
avec notamment en fait la présence
avérée, le retour en fait avéré de
conseillers militaires iraniens qui
étaiit plus qui avait plutôt disparu en
fait après le après le 7 octobre. On a
eu une période effectivement
d'affaiblissement extrêmement fort du
Vbola avec évidemment les frappes
ciblées notamment contre son contre son
son secrétaire général donc par par
Israël et donc une personne une un
passage un peu avide euh du Hzbola entre
on va dire 2020 2024 2025 une tentative
en fait de reprise du contrôle
effectivement des zones dirigées par le
Hbola par le gouvernement libanais. Un
gouvernement libanais toujours un peu à
bout de souffle he porté par la
communauté internationale notamment
portée par la France. On sait que la
France a énormément d'initiatives
diplomatiques justement et de relations
avec le avec le Liban. Et là, oui, en
fait, c'est un peu un un jeu un jeu
dangereux peut jouer le Hbola. Donc soit
effectivement, il décide un peu de se
ranger pendant une un certain nombre de
mois en disant voilà, on a atteint nos
objectifs en fait, on est on est content
des dommages qu'on a pu exercer envers
envers euh la population israélienne du
nord en fait enfin tout le monde n'est
pas encore complètement revenu revenu
chez eux. Ou alors il considèrent en
fait au coup contraire vu qu'Israël
continuera peut-être à les taper sans
que eux ne soient l'initiative de
l'attaque, il se garde en fait le droit
de le droit de riposter. Mais il y a à
mon sens une autre échéance qui arrive à
la fin de l'année quand on parle du
Liban, c'est l'expiration du mandat de
la finule. Donc c'est la la mission de
l'ONU justement au Liban. Le mandat fait
a fait l'objet énormément de débat et de
critique par Israël et par le et par les
États-Unis. C'était l'une des moyens
d'action justement de l'ONU notamment de
la France. euh pour surveiller en fait
les activités à la fois du Hzbola et à
la fois d'Israël avec des militaires
français qui ont payé le prix hein
récemment d'être d'être déployé sur le
terrain et là aussi en fait elle expire
le 31 décembre 2026 et donc en 2027 il
va y avoir cette ce vide en fait
potentiellement laissé par la finule
avec toute une présence internationale à
repenser au sud de Liban.
Je précise que le Liban n'a pas été
informé des négociations ni de l'accord
entre les États-Unis et l'Iran. Eloï
Fayet, est-ce que selon vous Israël peut
se passer des États-Unis, pourrait agir
sans le soutien américain dans la région
aujourd'hui ?
Ça dépend pour quoi faire. Pour en fait
effectuer une nouvelle opération de très
grande envergure contre l'Iran comme
celle de juin 2025 ou celle encore plus
massive de mars 2026, ça semble très
compliqué. Ils ont quand même besoin
d'un soutien militaire américain en
terme de renseignement, en terme de
ravitailleurs, en terme de munition,
d'intercepteur aussi hein pour protéger
en fait le territoire les territoires
israéliens, pour protéger aussi les pays
du golf qui n'ont quand même pas très
bien vécu le fait d'être ciblé par les
Iraniens pour une guerre en fait qui a
été lancée par les États-Unis et par
Israël. Et donc c'est pour ça en fait
que je parlais en fait quand même de
défaites partielles israéliennes. Alors
certes, ils ont pu imposer en fait un
peu leur loi euh au pays de la région
mais en fait au prix d'une dégradation
quand même nette euh des relations,
notamment par exemple avec les Émirats
arabes unis alors avec lesquels ils
avaient quand même signé les accords
d'Abraham en 2000 en 2020 et puis
surtout en fait une dégradation des
relations avec les États-Unis. Euh là,
le mouvement Maga en fait, ils sont il y
a quand même un très fort courant
anti-isélien euh voire aussi enfin très
mixé en fait d'anti d'antisémitisme euh
qui vise en fait je pense à reconsidérer
les relations américano-israéliennes
en considérant que les États-Unis, les
militaires américains, l'industrie
défense américaine n'a pas en fait à
payer le prix des aventures
politico-stratégiques de Netaniau.
Florient Louis. Oui. Donc effectivement,
il il y a cette remise en question de ce
qui semblait une alliance indéfectible
entre les États-Unis et Israël qui
s'inscrit, à vrai dire, dans une remise
en question plus générale au sein d'une
partie de l'établissement et de la base
politique aux États-Unis, des
engagements des États-Unis vis-à-vis du
reste du monde. Ça vaut aussi pour nous
européens. Donc ça impose à tout le
monde, à nous européens comme à eux
israéliens de repenser leur stratégie.
Et finalement, là encore, on est sur du
temps plus long, mais c'est un petit peu
l'équivalent de ce que je disais pour le
D3 d'ormouse. Si j'étais les Israéliens
et je pense qu'ils m'ont pas attendu
pour y penser, je me dirais qu'il est
maintenant très important que je sois
capable de produire moi-même avec ma
propre industrie de défense un certain
nombre d'armements, de munitions et
cetera pour lesquels ils sont
actuellement dépendants des États-Unis.
Parce que
Mais aujourd'hui, vous pensez qu'Israël
peut s'autonomiser du
sans doute pas. Bon est une meilleure
spécialiste que moi des armements et je
pense que ça prend beaucoup de temps et
que c'est sans doute pas possible sur
tous les types d'armement mais je pense
en tout cas qui comme nous européens
quand on parle d'autonomie stratégique
je sais pas si c'est le cas en Israël
mais il devrai en tout cas songer eux
aussi à développer leur autonomie
stratégique parce que comme nous pour
des raisons totalement différentes bien
sûr mais il voit bien que ce qui pouvait
paraître comme un allié et un protecteur
indéfectible ne l'est plus.
Un accord qui a été trouvé entre les
États-Unis et l'Iran, dont je me
félicite, qui doit permettre la fin des
hostilités sur tous les fronts, y
compris le Liban, qui doit permettre la
réouverture du D3 d'Ormous et que
s'engage une négociation globale
permettant la restauration de la
stabilité dans la région, ce qui suppose
que l'Iran puisse coexister
pacifiquement avec son environnement
régional et que soit encadré son
programme nucléaire, son programme de
missile, que soit mis fin à son soutien
à des groupes terroristes. Ce qui se
propose également que le peuple iranien
qui a tant souffert de la répression et
de la guerre puisse construire librement
son avenir.
Il faut y croire, il faut il faut tout
faire pour le mettre en œuvre. Et donc
cet accord est une bonne chose parce que
c'est ce que nous appelons de nos vœux
depuis des semaines. Nous nous allons
tout faire d'abord pour que cet accord
soit une réalité et donc pour que
Hormous puisse se rouvrir de manière
pacifique et que le trafic puisse
reprendre. Nous, notre priorité c'est
qu'il y a un accord solide et sérieux
qui soit finalisé.
Voilà, la voix du président d'Emmanuel
Macron est juste avant lui celle de
Jean-Noël Barre, ministre de l'Europe et
des affaires étrangères. Tous deux se
trouvent à éviant où se tient le G7. Euh
est-ce que ce cet accord, ce moment de
faiblesse en tout cas passager des
Américains sur dans cette négociation
peut être utilisé par les anciens, par
les partenaires disons historiques des
États-Unis un peu en en désaccord, en
conflit avec les États-Unis ? ces
derniers mois sur les questions de
l'OTAN, sur les questions de l'aide sur
le conflit iranien, sur les questions du
multilatéralisme. Est-ce que on peut
voir là ce G7 qui arrive à ce moment
précis comme une occasion pour les
partenaires américains de reprendre un
petit peu l'ascendant dans dans les
rapports entre les États-Unis et ses et
ses partenaires ? Florian Louis,
c'est leur espoir. Je pense qu' cet
espoir risque d'être assez vite douché
par le fantasque Donald Trump, on va le
voir. Mais là, dans les deux sons qu'on
vient d'écouter, c'était assez cruel
finalement. Et c'est pas de la faute de
ces personnes, c'est la faute de ce qui
se passe. Mais c'est assez cruel quoi,
parce qu'en fait, ils sont ils en sont
réduit à être des commentateurs, à être
des spectateurs de ce qui se passe, à
commenter un accord dont on ne connaît
même pas vraiment les contours. Là où
comme c'était rappelé tout à l'heure, la
France, elle était autour de la table
lors du précédent accord qui avait été
négocié avec les Iraniens. Elle a posé
sa signature sur cet accord.
Aujourd'hui, la France et pas qu'elle et
bien en est réduit à commenter, à
espérer, à proposer son aide. C'est
évidemment quelque chose qui dit
beaucoup de l'évolution de notre monde
vers de moins en moins de
multilatéralisme, de plus en plus de
rapport de force, de bilatéralisme et et
les difficultés que ça pose à des
puissances moyennes comme nous le sommes
aujourd'hui à à évoluer dans ce nouvel
environnement stratégique.
Et Fayet ?
Oui. Après moi ça me surprend pas
qu'effectivement c'est à nouveau c'est
un conflit en tout cas pour la partie de
juin à mars 2026 qui a été lancé en fait
par les États-Unis et Israël. Donc je
trouve pas ça choquant en fait que la
France n'a effectivement pas sa
signature sur le papier et justement je
trouve que la France a proposé en fait
des initiatives notamment pour escorter
des navires dans les trois d'Ormous en
partenariat avec les Britanniques où là
on a une véritable expertise qui a été
développée depuis plusieurs années en
fait dans dans la région et donc
effectivement la la question c'est à
quel point on on peut lutter contre se
faire imposer en fait des
déstabilisations stratégiques majeures
par les États-Unis ou par encore leur
leurs alliés dans la région comme comme
Israël. Mais je pense que pour le coup,
la France a réussi à trouver en fait un
peu des niches diplomatiques et
stratégiques. Donc voilà, le soutien au
Liban, la présence enfin l'escorte dans
le D3 d'Ormo dont elle peut tirer je
pense des bonnes des bonnes conséquences
au lieu en fait d'avoir soutenu et je
trouve que c'est une très bonne chose de
ne pas avoir soutenu effectivement dès
le début les États-Unis dans cet
aventurisme militaire qui n'a quand même
fait que dégrader la situation région.
Lis Fillet cette ces escortes dans le TR
d'ormous dont on parle beaucoup serait
contraire à l'intention iranienne de
conserver le contrôle des circulations
sur le D3 et de faire payer des services
? Est-ce que on peut craindre un risque
de déplacement là du conflit ?
Non, je pense que ça peut se négocier
pour le coup. Avant en fait le cette MOU
il y a quelques semaines, il y avait
effectivement des pistes en fait
d'échange direct entre la France et
l'Iran, par exemple pour autoriser la
mise en place de cette de de ces
escortes là. Donc je pense que ça se
négocie afin que justement qu'il y ait
pas de dimension de dimension
escalatoire et que la France avec
d'autres pays parvienne à faire
respecter le droit international
maritime et là rouvre d'une façon un
petit peu plus pacifique euh le des
trois d'ormous.
Florient Louis juste pour conclure,
est-ce que vous voulez bien nous
rappeler euh les échéances à venir ?
D'abord une signature vendredi et puis
ben
théoriquement donc une signature ce
weekend et ensuite 60 jours pour se
mettre d'accord. Sachant que dans 60
jours, on sera plus très loin des
élections midtermes aux États-Unis. Donc
même si on s'est pas mis d'accord, je
vois mal Donald Trump allait s'engager
dans une nouvelle guerre forcément a
priori impopulaire et qui mettrait en
avant précisément l'échec de son
prétendu succès. Donc ça donne là encore
beaucoup de cartes en main aux Ianiens
pour jouer la montre et il y a fort à
parier que dans 60 jours, on se
retrouvera et qu'on aura pas vraiment
conclu un accord définitif sur la
question.
Bon écoutez, merci merci beaucoup à tous
les deux pour vos lumières. Florian
Louis, je rappelle que vous êtes
historien, spécialiste des relations
internationales, membre de la rédaction
du grand continent. Éloïse Fayer,
chercheuse Alifri, spécialiste des
questions nucléaires et de la politique
étrangère de l'Iran. Merci également à
l'équipe de questions du soir. Première
partie, Mathias Mégi, Dianne de Vancet,
Juliette Moi, Antoine Eral et le
stagiaire de la semaine com Créw. Quant
à nous rester à l'écoute, on se retrouve
dans quelques minutes seulement après le
point info pour la deuxème partie de
cette émission. Nous parlerons 6 mois
après la capture de Nicolas Maduro des
recompositions politiques au Venezuela.
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