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PÉD*CRIMINALITÉ - La morale des puissants

12:101,013 summary words · ~5 min readFrenchBy Le PrécepteurTranscribed Sep 26, 2026
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Summary

La justice pénale fonctionne fondamentalement comme une vengeance institutionnalisée par l'État pour neutraliser les criminels, mais la concentration extrême du pouvoir politique et économique affranchit les élites de la décence commune, nourrissant l'impunité et une colère populaire prête à l'auto-justice.

Lorsque l'appareil judiciaire faillit à neutraliser les prédateurs d'enfants, la rupture du contrat social légitime la vengeance privée et révèle la dérive morale d'élites convaincues d'échapper aux lois communes.

Section summaries

0:00-3:00

Dysfonctionnement judiciaire et colère parentale

watch

L'intervenant aborde les scandales de violences et de crimes sexuels ciblant les enfants, citant les dérives périscolaires, l'affaire Liana et le scandale Jeffrey Epstein. Il déplore la lenteur, voire la complaisance d'une justice qui tarde à poursuivre les agresseurs d'innocents pendant que les actes d'auto-justice subissent une répression immédiate. Cette asymétrie de traitement engendre une colère collective épidermique que l'intervenant relie à sa propre expérience de père. La section met en garde contre les déflagrations imprévisibles de la fureur populaire lorsque les institutions refusent d'entendre la détresse des familles.

  • L'atteinte physique à des enfants innocents déclenche une charge émotionnelle et une colère collective incontrôlables.
  • Le décalage de célérité judiciaire entre la poursuite différée des criminels et la punition rapide des vengeurs alimente l'exaspération citoyenne.
  • Le silence ou l'inertie des tribunaux face aux crimes pédocriminels crée un terreau explosif d'insurrection civile.

Pose le cadre sociologique, l'émotion motrice et le constat de faillite judiciaire indispensables à l'analyse.

3:00-6:00

La justice pénale comme vengeance d'État

watch

L'intervenant développe sa conception théorique de la sanction en affirmant que la justice constitue la dénomination étatique de la vengeance. Puisque aucun verdict ne peut annuler le crime commis, la fonction du tribunal consiste à rétablir l'équilibre symbolisé par la balance en châtiant proportionnellement l'auteur des faits. Priver les victimes de ce châtiment revient à leur refuser leur statut juridique et moral, ce qui incite directement les proches à se faire justice eux-mêmes. L'exemple est donné des déclarations de parents meurtris proférées devant le ministre de la Justice à la télévision publique sans susciter de recadrage de sa part.

  • L'acte judiciaire ne guérit ni ne répare le crime ; il officialise le statut de victime par le châtiment.
  • L'auto-justice apparaît dès lors que la puissance publique n'honore pas son monopole de rétribution proportionnée.
  • Les représentants régaliens peinent à invoquer la retenue rationnelle face à des parents dont l'enfant a été assassiné.

Fournit l'argument philosophique central sur la fonction rétributive et symbolique de l'institution judiciaire.

6:00-8:00

L'impératif de neutralisation criminelle

optional

La réflexion se concentre sur l'objectif opérationnel prioritaire de la justice : neutraliser le coupable pour garantir qu'il ne puisse plus nuire. Les débats techniques concernant la nature précise de la peine, qu'il s'agisse de prison ferme, de surveillance électronique ou d'enfermement perpétuel, sont qualifiés d'enjeux secondaires face à l'urgence de protéger autrui. L'intervenant souligne que le vœu fondamental des familles brisées est d'épargner de futurs drames à d'autres foyers. Cette aspiration commune tisse une fraternité et une empathie parentale universelle transcendant les cas particuliers.

  • La mise hors d'état de nuire immédiate prévaut sur toute considération relative aux modalités de traitement du condamné.
  • L'éradication du risque de récidive constitue l'attente première des proches éprouvés par un drame criminel.
  • Une solidarité spontanée unit les parents autour de la vulnérabilité intrinsèque et sacrée des enfants.

Clarifie la hiérarchie des peines et le sentiment de solidarité parentale sans bouleverser la thèse directrice.

8:00-10:00

Oligarchie et dissolution de la décence commune

watch

En réponse à une question sur les réseaux pédocriminels de Jeffrey Epstein, l'invité convoque l'adage de Lord Acton sur les effets corrupteurs du pouvoir absolu. L'implication des sphères dirigeantes politiques, économiques et culturelles dans ces abus n'apparaît pas comme une anomalie fortuite mais comme une dérive structurelle. Le pouvoir hypertrophié arrache les élites à la normalité et à la « common decency » théorisée par George Orwell et Jean-Claude Michéa, définie comme le sentiment intuitif de ce qui ne se fait pas. L'altitude sociale engendre un orgueil qui s'arroge l'affranchissement pur et simple de l'éthique ordinaire.

  • La concentration absolue du pouvoir politique et financier détériore systématiquement les barrières morales fondamentales.
  • L'aristocratie moderne substitue à la décence commune le sentiment de son exemption face aux lois régissant le peuple.
  • L'affaire Epstein illustre la transformation de l'impunité sociale en licence d'exploitation sadique des vulnérables.

Analyse conceptuellement l'hybris des puissants à l'aide des notions d'Orwell et de Michéa.

10:00-12:00

L'illusion transcendantale et la dualité sadique

watch

L'ultime séquence explore la psychologie des criminels puissants, guidés par la tentation d'une transgression permanente perçue comme un statut divin au-dessus du bien et du mal. Cette disposition mentale conduit à relativiser les notions de lumière et d'obscurité en les rendant interchangeables. Prenant l'exemple des témoignages dépeignant Jeffrey Epstein sous un jour affable, généreux et chaleureux, l'intervenant récuse l'incompatibilité entre charisme et sadisme. La coexistence de l'altruisme de façade et de la perversité la plus vile caractérise des individus qui ont assimilé leur statut exceptionnel comme une autorisation d'écraser la dignité humaine.

  • La transgression des interdits ultimes est vécue par les puissants comme une affirmation d'émancipation démiurgique.
  • Le magnétisme social et la sociabilité n'excluent en rien l'exercice méthodique de la barbarie et de la dépravation.
  • L'intériorisation de l'impunité abolit les garde-fous psychologiques régulant la cruauté interindividuelle.

Offre une synthèse psychologique incisive sur le double visage des élites prédatrices.

Key points

  • La justice étatique comme vengeance institutionnelle — Loin de réparer un préjudice irréversible, la sanction pénale officielle matérialise une vengeance canalisée par la puissance publique, condition sine qua non pour valider institutionnellement le statut de victime.
  • La primauté absolue de la neutralisation sur la modalité pénale — Le rôle premier et indiscutable de l'institution judiciaire consiste à mettre le prédateur hors d'état de nuire pour empêcher toute récidive, reléguant au second plan le débat technique sur la forme de la détention.
  • L'hubris oligarchique contre la « common decency » — Le sommet des hiérarchies politiques et économiques favorise un sentiment d'élévation divine où les puissants se sentent émancipés des interdits fondamentaux et de la décence morale ordinaire.
“je suis convaincu que la justice est en partie une vengeance institutionnelle.” — Intervenant
“le seul moyen de reconnaître à une victime son statut de victime, c'est de punir le coupable.” — Intervenant

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Est-ce que là en ce moment, il y a un

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sujet peut-être de de société qui t'a

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fait réfléchir philosophiquement ?

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Ouais, en ce moment, il y a un sujet

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quand même qui m'a fait réfléchir.

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Peut-être parce que je suis un jeune

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papa et que j'ai entendu parler de ce

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scandale autour des du péris scolaire et

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des affaires euh criminalité.

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C'est un sujet que j'ai suivi et

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malheureusement j'ai pu constater que ça

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ne se limitait pas au péris scolaire

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hein puisqu'il y a eu il y a eu

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l'affaire Liana

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tous ces tous ces scandales. Il y a eu

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l'affaire Epstein évidemment

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une affaire absolument abominable qui

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mettent en cause des enfants, des

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criminels sexuel

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euh qui parfois échappent à la justice

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ou qui parfois bénéficie d'une forme de

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je sais pas s'il faut parler de

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complaisance ou de largesse de la

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justice, mais en tout cas une justice

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dysfonctionnelle,

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hein, peut-être pas seulement sur ces

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sujets, mais notamment sur ces sujets.

1:13

Et je comprends que ce soit sur ces

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sujets que l'opinion réagisse parce

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qu'on touche à des sujets

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épidermique

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où presque la raison n n'a plus sa

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place. faire du mal à un enfant, donc

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faire du mal à un innocent

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[soupir][souffle coupé]

1:31

et que le coupable ne soit pas

1:33

non seulement sanctionné, mais qu'il ne

1:36

soit même pas mis en accusation, qu'il

1:38

ne soit même pas entendu par la justice.

1:43

J'arrive à comprendre que ça provoque

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une colère et je pense que ça fait

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partie des colères les plus

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incontrôlables.

1:50

Je le dis en tant que père, je sais que

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beaucoup de choses pourraient me mettre

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en colère.

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Mais une colère ultime serait celle qui

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adviendrait si j'apprenais que que mon

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fils a subi ce qu'on subit ces jeunes

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enfants.

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De ce point de vue-là, il y a fait de

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société

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et il y a il y a risque.

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Il y a risque d'une colère populaire et

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on sait que la colère populaire peut

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avoir des effets extrêmement violents

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si elle n'est pas entendue et si on ne

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prête pas l'oreille à à ce qu'elle dit.

2:29

Et et ce qui choque aussi beaucoup bah

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dans l'affaire Liana, c'est que on a un

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peu l'impression enfin beaucoup de

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personnes ont l'impression qu'il y a

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deux poids de mesure. C'est-à-dire quand

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il y a des affaires sordides qui

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touchent des victimes en plus comme tu

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l'as dit des victimes innocentes. Bah là

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bah finalement il laisse aller 1 an 2

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ans. C'est pas trop quand la personne va

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être punie, quand elle va comparaître.

2:49

Et à l'inverse, quand des personnes

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finalement se font un peu justice par

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vengeance et presque des fois c'est ça

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ça part d'un bon sens d'un sens qui est

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très humain, là ils vont comparer tout

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de suite, ça va être gravissime, ils

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vont être punis tout de suite. Qu'est-ce

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que

3:03

c'est quoi ton

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? Oui, je pense qu'il y a il y a il y a

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une colère légitime de beaucoup de gens

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qui ont l'impression que les coupables

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sont davantage protégés que les victimes

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et que le sentiment très humain de

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vouloir réclamer justice au point de se

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faire justice soi-même est sévèrement

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réprimé, sévèrement sanctionné

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davantage parfois que le crime en

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lui-même. Hm.

3:31

Moi, j'ai une une conception de de la

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justice qui qui ne fait pas l'unanimité,

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mais je suis convaincu que la justice

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est en partie une vengeance

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institutionnelle. J'entends par là que

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quand on punit un coupable,

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c'est pas au nom de la justice puisque

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la justice voudrait que le crime n'ait

3:53

pas eu lieu.

3:55

Dans justice, il y a quoi ? Il y a

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l'idée d'équilibre. Le symbole de la

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justice est une balance

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et donc ça représente la

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proportionnalité, dirons-nous, euh du

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crime et de son châtiment.

4:11

[grognement]

4:12

S'il n'a pas de châtiment, il n'y a pas

4:13

de justice.

4:15

Mais qu'est-ce qui motive le désir de

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châtiment ? Bah, c'est le désir de

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vengeance en réalité. Et je pense que la

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justice, c'est le nom qu'on a donné à la

4:24

vengeance appliquée par l'État.

4:27

Parce que la justice qui se manifeste

4:30

par la sanction ne répare rien, elle ne

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résout rien, mais simplement elle

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officialise, elle acte le fait que les

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victimes ont été victimes et que le seul

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moyen de reconnaître à une victime son

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statut de victime, c'est de punir le

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coupable. H

4:53

se faire justice soi-même, c'est se

4:54

venger.

4:56

Mais peut-être que beaucoup de gens ne

4:58

se vengeraiit pas si l'État appliquait

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la justice.

5:02

Et appliquer la justice, ça veut pas

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forcément dire

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condamner le coupable à la peine de

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mort,

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ni même le condamner à la perpétuité. Ça

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veut simplement dire que le coupable

5:14

soit jugé et que la peine corresponde à

5:18

son crime.

5:20

Donc c'est c'est délicat de demander aux

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parents d'une victime, aux proches d'une

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victime de rester calme, de rester

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impassible, de ne rien faire

5:32

pendant que la justice ne s'occupe pas

5:34

du criminel.

5:37

C'est ça qui entraîne la colère. C'est

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ça qui entraîne un désir de révolte. un

5:41

ralbol et euh comme on a pu le voir

5:43

récemment à l'occasion de l'affaire

5:45

Liana,

5:47

des parents qui disent euh à haute voix

5:50

devant un ministre de la justice

5:53

"Si je tombe sur le tueur de ma fille,

5:55

je le tue." C'est quand même pas rien de

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prononcer cette phrase sur une

6:00

télévision publique devant un ministre

6:02

de la justice qui d'ailleurs ne réagit

6:06

pas en disant "Attention là, vous êtes

6:09

en train de vous emporter." Non,

6:10

lui-même a conscience de la douleur de

6:13

ses familles, il sait qu'il ne peut pas

6:15

se permettre de leur dire "Attendez,

6:18

essayez de garder raison." Il en est

6:20

conscient. D'ailleurs, lui-même a des

6:22

enfants. Donc peut-être que lui-même

6:23

serait concerné par ce sentiment.

6:27

Je pense qu'il y a une attente de

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justice qui est fondamentalement,

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j'allais dire pulsionnellement une

6:34

attente de vengeance,

6:36

mais que l'État a ce rôle de neutraliser

6:40

les criminels, de les neutraliser. La

6:43

question de savoir si mettre en prison,

6:47

si mettre un bracelet électronique ou si

6:49

mettre au bagne est la bonne solution

6:51

est une question annexe. C'est une

6:54

question secondaire. Ça concerne le

6:57

traitement euh du coupable. Mais la

7:00

première question, c'est celle de sa

7:02

neutralisation.

7:04

On considère qu'un coupable qui est mis

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hors d'état de nuire est un coupable qui

7:11

de fait ne peut plus faire de mal à la

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société. Et c'est déjà ça.

7:15

Hm.

7:16

Beaucoup de parents très sincèrement

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ne veulent qu'une chose, que celui qui a

7:22

fait du mal à leurs enfants ne fasse pas

7:24

de mal à d'autres enfants.

7:26

H

7:27

et pour ça, il s'agit de le neutraliser.

7:30

Et quand ça n'est pas fait, ça provoque

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de la colère. La preuve, c'est que des

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parents dont les enfants n'ont pas subi

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les violence et les meurtres que

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d'autres ont subi sont en totale

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empathie avec les parents dont les

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enfants ont subi ça. Il y a une sorte de

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fraternité parentale qui fait que nos

7:54

enfants sont précieux, nos enfants sont

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innocents et que donc j'ai autant de

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peine pour ce qui est arrivé à tes

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enfants que tu en aurais pour ce qui

8:02

arriverait au mien.

8:05

Et c'est de ce point de vue-là que je

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pense qu'il y a une colère et qu'il faut

8:08

l'entendre.

8:09

Et selon toi, est-ce qu'il y a des

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milieux qui sont plus propices à la à la

8:12

p que d'autres ? On a pu voir avec

8:15

l'affaire Epstein que bah c'était en

8:17

particulier l'élite qui était concernée.

8:21

Donc qu'est-ce que qu'est-ce que tu en

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penses à ce à ce sujet ?

8:24

Bah j'ai fait un un short sur mes

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réseaux qui s'appelait le pouvoir coron

8:30

qui reprend une théorie d'un sociologue

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anglais qui s'appelle Lord Acton et il

8:35

avait une phrase que je reprends à mon

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compte qui est de dire le pouvoir corrom

8:41

et le pouvoir absolu corrom absolument.

8:44

Pour ma part, quand j'ai eu vent de

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l'affaire et et des personnes qu'elle

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impliquait, j'avoue que je n'ai pas été

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plus surpris que ça. J'ai pas été

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surpris de voir des gens appartenant à

8:57

l'élite, politique, économique,

8:59

culturelle faire partie

9:02

de ceux qui s'étaient adonnés à des

9:05

parties fines avec des enfants ou avec

9:07

des mineurs en tout cas dans les soirées

9:10

de Jeffre Epstein. Pourquoi ? parce que

9:13

j'ai l'impression que le pouvoir quand

9:17

il atteint un certain niveau déconnecte

9:21

d'une forme de normalité et nous donne

9:23

l'impression d'être au-delà du bien et

9:26

du mal.

9:27

Alors, je dis pas ça dans un sens

9:28

nichen, dis ça vraiment dans un sens

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d'émancipation à l'égard de ce qui fait

9:35

la la morale commune, hein, de ce que

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Orwell appelait la common disency et que

9:41

Micha définissait en disant le sentiment

9:43

intuitif qu'il y a des choses qui ne se

9:45

font pas.

9:47

Ça c'est la morale des gens ordinaires.

9:50

Et puis euh au-dessus des gens

9:52

ordinaires, dans l'altitude sociale, il

9:55

y a une élite. D'ailleurs, il faut

9:56

savoir qu'étymologiquement élite, c'est

9:58

ce qui est au-dessus.

10:00

des gens qui ont l'impression que les

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lois morales, que la descence commune ne

10:04

s'applique pas à eux et que donc ils

10:06

sont tout permis, qu'ils ont une

10:08

impunité et que la biencéance,

10:13

l'éthique,

10:15

le respect de la dignité d'autrui ne

10:18

s'applique pas à eux.

10:21

Je pense que c'est quelque chose qui

10:22

existe. Je pense que plus on est élevé

10:24

dans cette hiérarchie du pouvoir, plus

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on a la possibilité et le désir de s'en

10:34

affranchir et d'aller toujours plus loin

10:37

dans l'excès et dans la transgression de

10:41

la norme.

10:42

Comme si ça nous conférait un pouvoir

10:44

divin d'émancipation,

10:47

d'être au-dessus des lois.

10:49

là où finalement le bien et le mal se

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confondent selon l'idée peut-être que

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bah que l'univers est une dualité faite

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de lumière et d'obscurité,

11:02

faite d'amour et de perversion

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et que quand on est au-delà du monde

11:08

terrestre, on peut pratiquer l'une, on

11:10

peut pratiquer l'autre, c'est

11:12

interchangeable.

11:14

Certains disaient de Jeffrey Epstein que

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c'était un homme extrêmement

11:17

sympathique,

11:19

qu'il pouvait être capable d'une grande

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générosité,

11:22

de pouvoir vous aider, de pouvoir vous

11:24

inviter, de pouvoir être charmant,

11:27

tendre, affectueux avec vous. Ben, je

11:30

vais vous dire, je crois que c'est vrai

11:32

parce que je pense qu'il y a des

11:33

personnes pour qui le bien et le mal

11:35

cohabitent

11:37

et qu'on peut être aussi à l'aise dans

11:39

l'affection, dans la tendresse, dans la

11:42

générosité. que dans la que dans la

11:44

perversion, le sadisme

11:49

et le mal. Ça ne me paraît pas

11:51

incompatible.

11:52

C'est simplement la marque de gens qui

11:55

ont intégré l'impunité et l'idée qu'ils

11:58

avaient un statut particulier qui les

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placé au-dessus du commun des mortels.

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